Fiche Produit

 
Anis vert
Angelica silvestris
 

Comme l'angélique, l'anis vert est, chez nous, exclusivement cultivé. D'origine certainement asiatique, il n'a cependant jamais été rencontré à l'état sauvage, comme quelques autres végétaux très anciennement domestiqués. C'est une plante annuelle de 20-50 cm, velue, odorante dans toutes ses parties mais surtout par ses semences qui seules sont utilisées. Ses fleurs blanches, en ombelles peu fournies, fleurissent en juillet et sont remplacées par de très petits fruits ovoïdes, nervés, eux-mêmes velus. Ses feuilles de deux formes, les inférieures à lobes arrondis, celles de la tige à folioles aiguës rétrécies à la base, et son odeur caractéristique la différencient aisément des Ombellifères sauvages de même allure. L'anis était autrefois cultivé en) grand aux alentours d'Angers, de Bordeaux et en Alsace, tandis que bien des [ardins en soignaient chaque année quelques plants pourla liqueur. Ses graines se récoltent comme celles de l'aneth, de préférence à la rosée; la date de cette cueillette est donnée par la chute des graines de l'ombelle centrale, la première fleurie et dont les fruits sont les plus odorants.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
L'anis vert était, dans l'officine du temps passé, la première des quatre semences chaudes majeures, à la tête du . carvi, du cumin et du fenouil, graines propres à éveiller les esprits-animaux, à faciliter la digestion, à chasser les vents si redoutés des Diafoirus. Est-ce à son réel pouvoir carminatif qu'elle doit d'avoir figuré dans la formule de la "poudre réjouissante"?
Ses vertus stomachiques n'ont rien d'usurpé, que corroborent les propriétés stimulantes et sédatives reconnues par Cadêac et Meunier en 1889. Son action sur l'organisme est proche de celle de l'angélique.
Quand les troubles gastro-intestinaux ne proviennent pas d'un état. d'irritation, en cas de perte d'appétit, de spasmes douloureux des voies digestives (chez les nerveux, les surmenés), l'infusion de semences d'anis à la dose d'une cuillerée à café pour 1 tasse d'eau bouillante se montre très efficace. Elle est aussi salutaire dans l'aérophagie, les flatulences et dans les coliques nerveuses des enfants, qui apprécient son arôme (sucrez avec un peu de miel). On peut employer également l'anis en mélange à parties égales avec les autres Ombellifères aromatiques, dans une infusion utile dans tous les cas d'atonie des organes digestifs. Joint à l'aneth, il s'emploie contre le hoquet et les vomissements.
L'anis, dit Chomel, "est bon pour les enfants sujets au cochemar", Il s'adresse aussi, en effet, à des troubles spéctftquement nerveux : vertiges, éblouissements, migraines, palpitations, insomnie et agitation nocturne des .enfants. Ce pouvoir sédatif t'indique encore dans la toux spasmodique et la bronchite. Joint à des adoucissants comme le bouillon-blanc et la mauve, il s'avère alors, de surcroît, expectorant.
L'anis favorise la sécrétion lactée. On l'infusera en compagnie des semences de fenouil et de cumin, ellesmêmes galactagogues éprouvées. Via le lait des nourrices qui le boivent, il calme les coliques des bébés ; le lait prend alors le parfum de la plante.
Le goût agréable de la graine d'anis sert à masquer les saveurs souvent moins délicates d'un grand nombre de simples. Au même titre que l'angélique, la réglisse ou la menthe, l'anis facilite l'absorption des tisanes de plantes stomachiques ou pectorales que bien des malades ne peuvent prendre qu'en se pinçant le nez.
N.B.: L'essence d'anis, à forte dose, est toxique, épileptisante puis stupéfiante. D'où la nocivité des apéritifs et des liqueurs qui en contiennent (telle l'ancienne "absinthe"), Les doses médicinales sont inoffensives.
USAGES DIVERS
Comme sa cousine l'angélique, l'anis entre dans un grand nombre de préparations culinaires dont la plus connue est certainement l'anisette, bonne vieille liqueur de ménage dont les recettes sont elles-mêmes innombrables. En voici le canevas : pour 1 litre d'eau-de-vie, 40 à 50 g de semences concassées, 1 livre de sucre au maximum. On y ajoute habituellement de la cannelle (1 à 2 g), de la vanille (1/2 gousse), du macis (1,5 g), etc. Brodez à votre guise. On laisse macérer de 5 à 6 semaines en sucrant comme pour la deuxième recette de liqueur d'angélique. C'est un digestif éprouvé, mais il ne faut pas en abuser.
• Le vespetro
Le oespetro (de vesse, pet, rôt) est un "ratafia" digestif et carminatif dont le nom, très explicite, ne doit pas appeler le discrédit. Que ne pardonne-t-on pas, en effet, à cet infusé suave de graines d'Ombellifères aromatiques: angélique, anis vert, coriandre, céleri, fenouil (10 g de chacune des deux premières, 8 g des trois autres, par exemple, pour 1 litre d'alcool) qu'accompagne avec une piquante ironie l'innocence des zestes de citron et d'orange?

• Le rossolis
L'anis entrait, aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans la formule d'un breuvage aromatique populaire, le rossolis, qui n'a, bien entendu, rien de commun avec le droséra. En voici la recette : "Il faut prendre trois livres de sucre et deux pintes (2 litres) de bon vin blanc, avec lequel vous faites fondre le sucre, au lieu d'eau. Il faut ensuite prendre deux livres d'autre sucre bien pilé et bien net, un quarteron (125 g) de pistache concassée, un quarteron de raisins de Corinthe, et deux onces (60 g) ou à peu près d'anis. Il faut mettre le tout bouillir ensemble dans un poëlon ; et pour connoître quand il sera temps de le retirer du feu, ce sera lors qu'il sera diminué d'un tiers. Alors vous jetterez dans un pot vernissé bien net, et le laisserez reposer l'espace de quatre heures bien bouché, puis vous le coulerez et le mettrez enfin dans l'étuve. En le passant, on peut avoir un grain (5 cg) de musc ou d'ambre pour l'odeur."

CULTURE

L'anis demande une terre riche et légère et une bonne exposition. Le climat du Midi est celui où il prospère le mieux. On sème clair, à la volée, après les dernières gelées, sur un terrain bien ameubli et uni, la 'graine conservée pendant l'hiver en récipient clos, au réfrigérateur ( à l'air, elle perd rapidement ses facultés germinatives) ; on la recouvre légèrement et on plombe. Après la levée, parfois longue, on éclaircit en conservant les meil­leurs pieds à une vingtaine de centimètres les uns des autres ; la plante, alors, ne nécessite plus que quelques binages ; des arrosages sont indispensables en temps de sécheresse. Le commerce fournit la semence, d'un pouvoir germinatif souvent faible.


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