Fiche Produit

 
Bruyère commune
Calluna oulgaris
 

Ce joli sous-arbrisseau buissonnant, très rameux, est répandu dans les régions siliceuses, sur les landes, les falaises maritimes, dans les bois clairs, les régions tour­beuses. Ses fleurs, réunies en grappe au sommet des rameaux, sont trompeuses: c'est le calice à 4 sépales séparés qui, coloré de rose, rarement de blanc, simule une corolle; cette dernière, à 4 pétales également séparés, deux fois plus courte, est cachée par lui; vous observerez aisément à l'œil nu cette conformation particulière. Les fleurs ont 8 étamines. Les feuilles trigones, minuscules, sont serrées sur 4 rangs ; elles sont parfois si imbriquées (notamment chez les formes de la région maritime) que les rameaux qui les portent paraissent quadrangulaires (les vraies bruyères - genre Erica - ont une corolle à pétales soudés en grelot à 4 dents ou 4 lobes courts, et un calice vert à 4 sépales plus petits qu'elle). La callune peut vivre jusqu'à 40 ans et dépasser 1 m de hauteur. Elle fleurit de juillet à septembre.
On récolte les grappes fleuries au début de leur épanouissement ; leur séchage s'effectue sans difficulté. Si possible, utilisez la plante fraîche.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
Matthioli, au xvr siècle, assure avoir connu plusieurs personnes guéries de la pierre pour avoir usé simplement de décoction de bruyère. Peu à l'honneur chez les médecins, jusqu'à Cazin (1850) qui en obtint de bons résultats dans la gravelle, la cystite et dans un cas d'albumlnurie, la plante doit aussi au Dr Leclerc d'avoir été redécouverte au xx' siècle. Ce médecin a montré que la bruyère est bien un diurétique puissant et un bon antiseptique des voies urinaires. Sa décoction à 0,5-1 % (bouillir jusqu'à réduction d'un tiers; à prendre dans la journée) dans laquelle on peut faire infuser, à la fin de l'ébullition, une bonne pincée d'aspérule odorante, sera très utile dans la cystite, même avec infection grave et émission de pus dans les urines. Le même praticien en a obtenu des résultats particulièrement satisfaisants dans le traitement de la cystite des prostatiques. Dans la cystite chronique, ou pourra associer la bruyère et les stigmates de maïs.
Quant à l'action de la bruyère dans la lithiase urinaire, elle n'est pas clairement définie. La propriété de dissoudre les calculs, que lui prêtaient les anciens, est surfaite. Mais dans une maladie où l'action des diurétiques est essentielle, on ne négligera pas cette plante - que les vieux rhumatisants peuvent aussi utiliser, en compagnie des feuilles de cassis et des sommités de reine des prés. Voici une infusion composée utile, en adjuvant, dans la gravelle et les coliques néphrétiques (plantes sèches) : aunée, racine concassée, 30 g; bruyère, sommités, 30 g ; pariétaire, pl. entière, 60 g ; prêle, pl. entière, 30 g ; bien mêler les pl. brisées; 2 cuillerées à soupe du mélange pour 200 g d'eau bouillante; infuser à la tiédeur 1/2 h ; 3 à 5 fois par jour.

USAGES DIVERS
La callune, comme plusieurs espèces de bruyères, s'utilise pour la fabrication des balais. Dans certaines régions de France où elle est commune, comme en Bretagne, on peut voir encore des granges qu'elle recouvre en guise de chaume et des huttes forestières construites de ses rameaux grossièrement tressés. Dans les magnaneries des Cévennes, c'est, entre autres, sur les rameaux de callune qu'on fait "monter le ver à soie" ; la chenille, nourrie de feuilles fraîches de mûrier, cesse un jour de manger pour s'élever sur les plantes dressées à son intention, où elle tissera son cocon blanc. Quand chaque pied de bruyère porte des dizaines de cocons, cette floraison étrange a quelque chose de féerique.
La décoction de la calI une peut teindre les étoffes en brun, en jaune avec adjonction d'alun, en noir avec du sulfate de fer.
La bruyère, enfin, et surtout l'Erica cinerea, bruyère cendrée, fort commune dans le Nord-Ouest, le centre et le Sud-Ouest de la France, est une très jolie plante ornementale de culture facile en climat favorable, de préférence atlantique, et dans un sol approprié : terre de bruyère (sable, terreau et terre franche) avec un bon drainage sous-jacent. Les rocailles en pente, bien exposées, lui conviennent et ses touffes purpurines ne tarderont pas à s'y étendre. On la multiplie aisément de graines, semées en place ou en pépinière, ou de marcottes. On peut aussi en déterrer quelques jeunes pieds avec leur motte, dans la campagne, mais la reprise n'est pas toujours assurée.



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