Fiche Produit

 
Busserole
Arctostapbyllos uoa-ursi
 

Les pinèdes montagnardes, les clairières de l'étage subalpin, les rocailles buissonneuses de la limite supérieure des forêts doivent souvent à la busserole un luxueux étalage de tapis denses, d'un beau vert sombre. C'est un arbrisseau couché, toujours vert, à tiges rampantes-enracinées de 1-1,50 m. Les feuilles, alternes, de 1-3 cm, entières, oblongues-spatulées, rétrécies en pétiole très court, obtuses au sommet, luisantes, coriaces, persistantes, sont marquées d'un fin réseau de veines à la face supérieure. Les fleurs à corolle en grelot blanc-rosé, de 5-6 mm, réunies par 5-12 en très courtes grappes terminales, donnent des baies sphériques de 6-10 mm, d'un beau rouge lustré, à chair farineuse, renfermant 5 à 10 graines (ces baies sont comestibles, mais fades).
La busserole, dite aussi raisin d'ours et petit-buis (feuilles de forme voisine), fleurit, selon l'altitude, d'avril à juillet et fructifie de juillet à septembre. Elle habite les bois clairs de conifères, les rocailles et les landes de la plupart des grands massifs montagneux, jusqu'à 2 400 m. Souvent abondante, elle se fait plus rare par places (Jura, Auvergne, Alpes méridionales, etc.) ; elle manque dans les Vosges. Répandue dans tout le Nord de l'Europe, elle ne se cantonne en altitude que dans le centre et le Sud.
On récolte les rameaux du raisin d'ours de préférence en septembre-octobre, moment de la plus haute teneur en principes actifs. On les sèche sur claie, au sec et à l'ombre, puis on les bat dans des sacs de toile pour en détacher les feuilles, seule partie officinale. Conservation deux ans, à l'abri de l'air et de la lumière.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
Les feuilles de cette plante parente de la bruyère, très riches en tanins (jusqu'à 14 %), renferment encore, parmi d'autres substances actives, des glucosides, arbutoside et méthylarbutoside, qui se dédoublent dans l'organisme en glucose et en hydroquinol, diphénol puissamment antiseptique. La busserole doit à ces divers constituants des propriétés astringentes, désinfectantes, diurétiques et sédatives s'appliquant tout spécialement aux maladies inflammatoires des voies gëntto-urinaires. C'est l'un des meilleurs remèdes végétaux européens des cystites, et, en adjuvant, de la pyélonéphrite, de l'urétrite blennoragique, de la colibacillose urinaire. Elle s'adresse aussi à l'hypertrophie de la prostate avec mictions pénibles, à la rétention comme à l'incontinence d'urine. Elle favorise l'élimination de l'acide urique et se recommande donc aux goutteux. Elle calme les crises de coliques néphrétiques et peut faciliter l'expulsion des calculs de faible importance.
La plante a connu autrefois les indications classiques des astringents, comme antidiarrhéique, antihémorragique, etc. Elle pourrait être essayée dans les diarrhées infectieuses et, à l'extérieur, en gargarismes, dans les maux de gorge, en injections dans la leucorrhée (macération à 5 %).
A forte dose, la busserole a une action excitante sur
l'utérus, action qu'on a mise à profit pour hâter des accouchements entravés par défaut de contractions, et dans la rétention du placenta.

MODE D'EMPLOI
L'infusion renfermant peu de principes actifs, on doit préférer la poudre de feuilles sèches, broyées au moulin à café électrique: 2 à 6 g par jour en 4-6 prises espacées de 2 à 3 h, soit en cachets (pharmacies).

© poivrecayenne, les plantes médicinales2005
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