Fiche Produit

 
Cassis ou groseillier noir
Ribes nigrum
 

Dans le jardin de mon enfance, il y avait un grand cassis, au pied d'un mur. Par temps de chaleur, quand le désir me prenait d'aller sous l'ombrage me diminuer peu à peu, par la vertu magique d'un puceron que je suivais des yeux, à une taille convenable pour qui quête l'amitié du peuple des herbes, ou quand on m'avait, grondé et parce que les feuilles me consolaient déjà des grandes personnes, j'allais me réfugier sous ses branches, dans une senteur forte qui me faisait tourner la tête. Il y a longtemps que sont coupés le laurier, la glycine et le cassis, triade païenne de mes premières années, mais il suffit d'une feuille froissée entre les doigts, d'un parfum venu, au détour d'un chemin, d'un petit arbuste aux grappes modestes, pour que revienne un instant la féerie du temps que je recherche à chaque printemps de touffe en touffe, d'herbe en herbe.
Après avoir été associés aux Saxifragacées, qui leur sont proches à plusieurs égards, les groseilliers, auxquels appartient le cassis, sont aujourd'hui élevés au rang de famille distincte, les Grossulariacées (de Grossularia, groseille). Celle-ci est exclusivement représentée, en Europe, par le genre Ribes, c'est-à-dire par les groseilliers sauvages. Ce sont des arbrisseaux à feuilles caduques, alternes, généralement presque aussi larges que longues et découpées en 3-5 lobes dentés déterminés par des nervures palmées, à petites fleurs régulières, verdâtres ou rougeâtres ayant 5 sépales soudés à la base à l'ovaire qui est bien visible sous le calice, 5 pétales très courts, libres, 5 étamines et 2 styles. Les fleurs sont disposées en grappes plus ou moins fournies. Le fruit est une baie juteuse à plusieurs graines, que couronne le calice flétri.
Plante des bois humides des vallées, répandue dans le Nord, l'Est et le centre de l'Europe, le cassis n'est sauvage, en France, que dans la région lorraine, mais on le rencontre fréquemment ailleurs à l'état subspontané. Cultivé partout, c'est dans les jardins qu'on récolte ses feuilles odorantes (nombreuses petites glandes aromatiques à la face inférieure), partie la plus en usage en médecine. Ces feuilles seront séchées rapidement, sur des claies, à la tiédeur, au sec et à l'ombre.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
Les feuilles du cassis, en infusion à la dose de 5-6 g pour 3/4 de litre d'eau bouillante (infuser 1/2 heure à la tiédeur; passer; boire dans la journée) puissamment diurétiques, peuvent se montrer précieuses quand il s'agit d'éliminer l'acide urique et l'urée, et d'accroître le volume des urines.' C'est donc une plante très conseillée-dans les rhumatismes chroniques, la goutte, la difficulté' d'uriner avec présence de dépôts, la lithiase urinaire, l'albuminurie, l'obésité. Elle s'indique aussi, en adjuvant, dans l' hypertension, l'artériosclérose et l'insuffisance hépatique. Comme le cassis est, de surcroît, apéritif, tonique des voies digestives, stimulant des sécrétions, son usage en cures régulières représente l'un des meilleurs secours que les gens âgés puissent attendre des plantes de nos pays. Il peut aussi figurer dans les traitements dépuratifs (dermatoses). Dans les rhumatismes, on l'associe utilement aux feuilles de frêne et à la reine-des-prés.
Les fruits acides et parfumés, frais ou séchés au four s'emploient en décoction dans les angines et la dysenterie chronique.
L'infusion à froid des feuilles dans de l'eau avec addition de sucre et de vin blanc est très rafraîchissante ; elle désaltère les malades tout en facilitant la diurèse. USAGES DIVERS
Les fruits du cassis servent comme ceux du groseillier rouge à la péparation des confitures, gelées et sirops. Ils sont, même mûrs, bien plus acides que les groseilles et demandent une proportion de sucre élevée (poids pour poids). L'été, faites des feuilles une infusion à froid, comme il est dit ci-dessus, et ajoutez-y 4 cuillerées d'eaude-vie par litre ; Cazin recommandait cette boisson aux moissonneurs: elle est effectivement agréable, rafraîchissante et tonique.
Vantée, au-début du XVIW siècle, comme un élixir de vie par l'abbé Bailly de Montaran (dont les écrits sur le cassis accrurent considérablement l'importance de cet arbrisseau dans l'horticulture et dans la pratique domestique), la liqueur de cassis reste un excellent "digestif'. Voici une recette (XVIIIe siècle) d'un "ratafia" de cassis: dans une cruche de grès, vernissée, neuve, versez 1 litre de bonne eau-de-vie sur une demi-poignée de framboises et 2 livres et demie de cassis bien mûr dont les baies auront été débarrassées des vestiges du calice ; laissez infuser 2 ou 3 mois à l'ombre; passez alors la liqueur et ajoutez-y 150 g de sucre dissous dans ce qu'il faut d'eau claire. Conservez en flacons bien bouchés. Une méthode plus rapide consiste à mélanger le jus fraîchement exprimé des baies à de l'eau-de-vie à 18°, en ajoutant à la mixture la moitié de son poids de sucre, un peu de cannelle et de girofle ou d'autres aromates au choix.
Roques (1837), donne cette autre formule plus subtile du ratafia de fruits : "Prenez : groseilles noires bien mûres, deux livres; feuilles de cassis, quatre onces (120 g) ; pétales d'œillets rouges, une once (30 g) ; cannelle de Ceylan, un gros (4 g) ; eau-de-vie à vingt-deux degrés, dix pintes (10 litres) ; eau de rivière (sic l), une livre; sucre, trois livres. Ecrasez les fruits et les feuilles, et laissez infuser tous ces ingrédients dans l'eau-de-vie pendant un mois. Ajoutez le sucre fondu dans l'eau; filtrez la liqueur et mettez-la en bouteille."

Created by Readiris, Copyright IRIS 2005  Created by Readiris, Copyright IRIS 2005
© poivrecayenne, les plantes médicinales2005
Aromathérapie, Essence de plantes, huiles essentielles, plantes médicinales, medecine par les plantes