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Petite centaurée
Centaurium erytbraea
 

Cette jolie petite plante découverte, selon la légende, par le Centaure Chiron qui s'en servit pour soigner une blessure, est répandue dans les prés plutôt secs, les friches, coupes forestières et landes de toute la France (rare en région méditerranéenne), où elle fleurit tout l'été. On la remarque de loin à ses petites fleurs roses, rarement blanches, à 5 pétales plus ou moins étalés en haut d'un tube assez long qu'entoure un calice à 5 divisions étroites, tubuleux à la base. Les anthères linéaires des 5 étamines se tordent en spirale à maturité. Les fleurs sont disposées régulièrement, un peu à la façon des branches d'un chandelier, au sommet des rameaux, deux fleurs pédonculées entourant une fleur sessile sur chaque division terminale de la tige. Cette inflorescence, dite "cyme dichotome", s'élargit au sommet d'une tige quadrangulaire grêle, de 1050 cm, portant des petites feuilles opposées 2 à 2, sessiles, entières, étroites, lisses, à 3 nervures. Les feuilles inférieures, en rosette, plus grandes, plus larges, ont de 3 à 7 nervures.
La plante est glabre, bisannuelle. Elle présente un certain nombre de sous-espèces et de variétés, toujours reconnaissables, qui ont les mêmes propriétés médicinales. On utilise ses sommités fleuries coupées le matin au moment de la floraison. La dessiccation, sur claie, doit être rapide. Conservée avec soin en bocaux ou en sacs de papier hermétiques, la petite centaurée garde longtemps ses propriétés.
Cette herbe est en général assez répandue pour couvrir les besoins de la médecine domestique. Sa culture est d'ailleurs délicate.

USAGES MÉDICINAUX
La plante doit à son amertume le nom très ancien de fiel de terre, à ses vertus ceux d'herbe à la fièvre et de quinquina français. C'est une excellente tonique-amère, apéritive et stomachique. Ses propriétés fébrifuges, délaissées par les modernes, ne sont pas négligeables si l'on en croit les observations, au siècle dernier, de Nepple et de Roques. Elle peut donc remplacer en partie la gentiane.
La petite centaurée (qu'il ne faut pas confondre avec les grandes centaurées, Composées tubuliflores dont le type est le bleuet des champs), en infusion à 0,5-0,8 % (très amère) ou, mieux, sous forme de vin (faire macérer 8 jours 15 à 30 g de plante sèche dans 1 litre de vin doux liquoreux; filtrer; 1 verre à bordeaux avant chaque repas), est excellente pour combattre l'atonie intestinale, avec constipation ou diarrhée, le manque d'appétit, les crampes gastriques, l' hyperacidité, les ballonnements neroeux, les manifestations cutanées de la dyspepsie (urticaire). C'est aussi un stimulant des fonctions hépatiques, un tonique général indiqué dans la convalescence (en particulier, des maladies fébriles touchant les glandes abdominales), l'anémie, le surmenage. Les vieux auteurs la conseillaient aux jeunes filles "qui ont les pâles couleurs". On la joindra utilement à l'absinthe et au ményanthe (5 g des trois, opérer comme ci-dessus) pour la préparation d'un vin amer, digestif et tonique très utile dans les mêmes affections.
N.B. : L'usage prolongé de la petite centaurée peut entraîner l'irritation des muqueuses gastro-intestinales. Comme pour la plupart des toniques amers, il faut donc espacer les cures, ne pas les prolonger plus d'une dizaine de jours et considérer comme une contre-indication tout état inflammatoire des voies digestives.
• Usage externe
"Ceste herbe fraischement cueillie, pilée et appliquée sur grandes playes, les referme et toutes vieilles ulcères en sont consolidées", dit o. de Serres, se fiant peut-être à la guérison mythique du Centaure Chiron blessé par la flèche d'Hercule. Mais des auteurs plus récents ont aussi relaté les bons effets de la petite centaurée sur les ulcères atoniques, scrofuleux" et scorbutiques. Si ces affections, fréquentes autrefois dans les lieux insalubres des villes et des campagnes par absence d'hygiène et de règles diététiques élémentaires, ne courent plus les rues, il ne faut pas pour autant négliger (sait-on jamais, notre civilisation est fragile ... ) le simple qui peut accompagner avec succès le traitement interne indispensable.
Les fleurs de petite centaurée entraient autrefois dans un mélange de fleurs sèches connu sous le nom de "vulnéraire de Suisse" ou "faltranc", composé d'herbes aux vertus assez contradictoires.





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