Fiche Produit

 
Cerfeuil musqué
Myrrbis odorata
 

Cette belle Ombellifère des pâturages et des bois montagnards, assez répandue au-dessus de 500 m dans les Alpes, le Jura et les Pyrénées, rare dans le Massif central et les Vosges, est bien distincte botanique ment de l'espèce précédente. C'est une plante vivace, atteignant 1 m et plus, à tiges creuses dressées, striées, rameuses, en touffes. Les belles feuilles alternes, grandes (jusqu'à 30 cm), triangulaires, 2-3 fois découpées (elles rappellent certaines fougères), sont molles, un peu poilues, pâles en dessous. Les très petites fleurs blanches, qui s'ouvrent de juin à août, sont réunies en ombelles à 5-15 rayons principaux, velus, les uns épais, à fleurs fructifères, les autres grêles, stériles. Contractée à maturité, l'ombelle porte alors sur ses rayons dressés des fruits très caractéristiques, en fuseau étroit, allongé (15-20 x 2-4 mm), à 10 fines côtes longitudinales saillantes, d'abord olivâtres, puis noirâtres et luisants. Ces fruits, et l'odeur d'anis prononcée de toute la plante, suffisent à la distinguer de certaines Ombellifères voisines, parfois suspectes, appartenant au genre Cbaeropbyllum ("cerfeuil bâtard"), ou aux Antbriscus sauvages (dont le "cerfeuil d'âne" ; noter, ici encore, l'ambiguïté de bien des noms populaires).

PROPRIÉTÉS
Inusité de nos jours en France, le cerfeuil musqué peut remplacer et même surpasser celui des jardins dans plusieurs de ses emplois. De surcroît antispasmodique, son suc, dans du lait chaud miellé, est un bon remède de la bronchite et de la toux. On a fumé ses feuilles sèches dans l'asthme. En Allemagne, son eau distillée se prescrit traditionnellement dans l'artériosclérose et l'hypertension. Il s'agit manifestement d'un simple à étudier.

USAGE CONDIMENTAIRE ; CULTURE
Le cerfeuil musqué s'emploie en condiment comme le précédent, mais son goût plus prononcé ne plaît pas à tous. Les peuples du Nord de l'Asie s'en nourrissent et en préparent une liqueur. Il était souvent cultivé en France et en Angleterre aux XVIe et XVI~ siècles, et ceux qui possèdent un jardin auraient grand avantage à l'y introduire. C'est l'une des rares Ombellifères aromatiques vivaces. Elle se perpétuera pendant des années, se prêtant à bien des innovations culinaires, voire médicinales.
Pour le cultiver, il faut aller le chercher dans la montagne, la meilleure méthode de multiplication au jardin étant d'y repiquer des éclats de pieds récoltés au printemps ou à l'automne, que l'on conservera pendant le transport dans un peu de terre de la station. Le cerfeuil musqué demande une terre légère et fertile, fraîche mais non humide. Dans le Sud, il faut lui réserver les expositions mi-ombragées, et le désaltérer en été.
Le cultivateur avisé devrait tenter d'introduire cette Ombellifère dans ses prairies. Elle donne un fourrage qui plaît aux ruminants et accroît la lactation. Comme elle a l'avantage de vivre plusieurs années, elle donnera un grand nombre de coupes. La multiplication par graines est ici la seule possible; comme il est assez difficile d'aller s'en procurer en grand nombre, on cultivera d'abord, au potager, quelques pieds qu'on laissera monter à graines et l'on sèmera si possible tout de suite. Les prairies de pente bien drainées, peu acides, sont celles qui conviennent le mieux.


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