Fiche Produit

 
Chicorée sauvage
Cichorium intybus
 

La chicorée sauvage, type de la sous-famille des Liguliflores ou Chicoracées (voir "Composées", au Lexique) est commune, surtout en sols calcaires, dans les prés secs, les friches, au bord des chemins où elle ouvre tout l'été ses beaux yeux d'un bleu rare sous nos climats. Il n'est pas nécessaire de la décrire longuement : d'une rosette de feuilles très irrégulièrement dentées monte une tige très rameuse-divariquée, peu feuillée, portant des capitules, les uns sessiles, par deux ou trois, les autres solitaires au sommet des rameaux raides, écartés presque à angle droit, en tous sens. Ces capitules ont la particularité de se fermer l'après-midi, vers 15 heures, et par mauvais temps.
On utilise la racine et les parties aériennes. La première doit être récoltée au printemps ou à l'automne", les secondes en juin. Comme elles sont très hygrométriques, elles doivent être conservées en un lieu parfaitement sec.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
Excellente tonique-amère, apéritive, stomachique, cholagogue, laxative, diurétique, la chicorée s'emploie fraîche (de préférence: décoction de 100 g de feuilles par litre, pendant 10 mn ; 1 tasse avant les repas) ou sèche: infusion des feuilles à 1-2 % ; décoction des racines concassées à 2 %. Tonique non irritante, elle stimule les sêcrêtions gastriques, combat le manque d'appétit, l'atonie digestive et les troubles associés, la constipation. Dans ce dernier cas, les adultes prendront 2 tasses d'infusion le matin à jeun et les enfants, même très jeunes, 3 à 4 cuillerées à café du sirop suivant: dans 100 cc. de suc fraîchement exprimé et filtré de chicorée sauvage, ajouter 100 g de sucre et faire réduire à feu doux jusqu'à consistance de sirop (peut se conserver quelque temps en flacons bien bouchés).
La plante a une action stimulante sur la sécrétion biliaire et jouit depuis bien longtemps d'une juste réputation de dépurative: l'infusion ou, mieux, le suc frais en mélange à parts égales avec le suc de pissenlit (1 ou 2 cuillerées à soupe chaque matin à jeun), sont des adjuvants très utiles dans l'insuffisance hépatique et la propension à la lithiase biliaire. Le même suc jouit de propriétés diurétiques et a servi à traiter les hydropisies, la gravelle, la goutte (associé, de préférence, à d'autres diurétiques). Simon Pauli (1666) remarquait que les feuilles cueillies au printemps, séchées à l'ombre et réduites en poudre, étaient salutaires aux goutteux d'un tempérament bilieux. Cette action générale tonique-dépurative-diurétique explique le bon effet de la chicorée dans le traitement des affections cutanées.
On ne saurait trop conseiller, dans tous les cas cidessus, la consommation en salade de cette plante bienfaisante. Elle est souvent très abondante, dès février, dans les prés un peu secs, et nous offre un mets agréable qui plaît aux bien-portants comme aux malades. Nous verrons plus loin que la culture de la chicorée est des plus faciles; l'habitant des campagnes ne doit pas négliger une plante dont les vertus médicinales se confondent avec des qualités alimentaires de premier ordre.
"Plusieurs boivent l'eau de chicorée sauvage pour leur boisson ordinaire, dit Chomel, en infusant quelques feuilles coupées menu dans l'eau commune, à froid ou tiède; ils prétendent qu'un remède si simple purifie le sang, et les préserve de maladie." Il est en tout cas très recommandable aux hépatiques.
La racine d'endive, espèce voisine très "améliorée", une fois séchée, torréfiée, broyée, est à la base d'un breuvage populaire dont l'usage est assez répandu, la "chicorée", infusion au goût de caramel un peu moisi, qu'on mélange souvent au café, et même au lait. Cette boisson dont se délectent curieusement (peut-être à cause de sa noirceur rappelant le café) ceux qui refusent des infusions d'un goût délicat, peut avoir, à doses excessives, un effet défavorable sur l'organisme: la peau des "intoxiqués" contracte une teinte jaune paille dont l'origine est vraisemblablement liée à un dérèglement hépatique. On constate aussi une diminution de l'appétit et des troubles digestif. A doses modérées, non régulières, cette pâle imitation du vrai café peut cependant le remplacer, dans tous les cas où la caféine est mal acceptée par l'organisme.

CULTURE
La chicorée sauvage se multiplie très facilement de graines (akènes) semées clair au premier printemps, en lignes distantes de 30 à 35 cm, dans un sol meuble et fertile. Sarclez dès l'apparition des feuilles, puis tous les 15 jours ; éclaircissez à 15-20 cm. Récoltez les feuilles dès qu'elles ont atteint une certaine taille, pour la consommation immédiate, en juin pour la conservation. Arrachez les racines en septembre et portez-les au séchoir après les avoir nettoyées et tronçonnées. Vous pouvez semer la chicorée toutes les deux semaines jusqu'à l'automne avancé, afin d'en avoir toute l'année pour la table.
Les manuels d'horticulture vous apprendront comment la blanchir en cave pour obtenir l'excellente barbe de capucin (appelée aussi "barbe du Père Eternel"), salade d'hiver la plus délicieuse, peu connue de nos jours, mais dont les vertus médicinales et alimentaires sont très atténuées. Les autres chicorées cultivées, si elles fournissent aussi de très bonnes salades, ne peuvent non plus remplacer l'espèce sauvage.

USAGE AGRICOLE
La chicorée sauvage est une excellente plante d'herbages, appréciée de tous les bestiaux. Donnée en petite quantité, elle favorise la digestion et augmente la quantité et la qualité du lait. On l'introduira dans les prairies artificielles à base de Graminées et de Lêgurnineuses, mais il est encore plus avantageux de la cultiver seule, en lignes espacées de 20 cm, car elle persiste plusieurs années et peut donner 4 à 5 coupes par été (la faucher toujours avant la montée à fleur). Après trois ans de production, il est préférable de retourner le sol où elle laisse, par ses racines, une importante quantité de matière organique. Elle doit toujours être donnée en vert aux animaux, mêlée à d'autres plantes fourragères. Consommée seule, elle diminue à la longue la quantité de lait, et le beurre prend un goût très désagréable.





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