Fiche Produit

 

Cochléaria officinal
Cochlearia officinalis

 

Cette petite herbe bisannuelle ou vivace est propre au littoral de l'Océan et de la Manche (mais une espèce voisine, C. pyrenaica DC., qui croît çà et là dans les lieux humides des Pyrénées et du Massif central, a des propriétés identiques). Ses traits distinctifs sont les suivants: fleurs blanches de 8-10 mm, en grappes courtes, donnant· des silicules petites, subglobuleuses, veinées à maturité ; feuilles un peu charnues de deux sortes : les inférieures longuement pétiolées, entières ou un peu sinuées, à peu près aussi larges que longues, à contour en cœur obtus, creusées en cuillères (d'où le nom d'herbe aux cuillères donné à la plante), les supérieures sessiles et embrassant la tige par deux oreillettes.
Le cochléaria habite les rives des estuaires, des rias et des marais saumâtres, les rochers littoraux; il y fleurit de mars à août. Il a une saveur de moutarde extrêmement piquante. On peut lui substituer les autres Cocblearia du littoral, décrits dans les flores.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES
Le cochléaria est, avec le raifort, le meilleur de nos antiscorbutiques. On l'a prescrit avec un grand succès dans le scorbut, même arrivé au stade le plus grave. Cazin (1850) cite un cas fort intéressant à la fois du point de vue médical et diététique : un garçon boucher, âgé de vingt -cinq ans, qui se nourrissait presque exclusivement de viandes, se fractura le tibia en tombant de cheval. Malgré le maintien du membre dans l'immobilité, aucune soudure ne s'était opérée quarante jours après. Cazin diagnostiqua un état scorbutique corroboré par l'aspect des gencives, saignantes et tuméfiées. Il ordonna l'abstention totale de viande, un régime composé exclusivement de pommes de terre et de légumes, et l'absorption journalière de suc de cochléaria, de ményanthe et de cresson à parts égales, en commençant par 90 g portés progressivement à 200 g. Quarante jours après, la fracture était guérie et le malade en parfaite santé".
On sait aujourd'hui que le scorbut ne fait que traduire une carence aiguë en vitamine C : le cochléaria en est riche.
Un tel exemple illustre bien l'extrême importance des plantes vertes dans l'alimentation et permet d'affirmer, si besoin est, que ceux qui accordent la première place aux viandes dans leur menus s'exposent à des maladies de carences d'autant plus graves qu'elles sont longtemps ignorées.
Au demeurant, le cochléaria s'emploie à la manière du cresson, dans la bronchite, la toux avec expectoration, en complément nutritionnel dans l'anémie, les avitaminoses, les engorgements lymphatiques et, comme dépuratif, dans certaines maladies cutanées; à l'extérieur, sur les ulcères. Comme le cresson, il perd ses propriétés à la dessiccation et à l'ébullition. Il est rigoureusement contre-indiqué dans les états inflammatoires et congestifs (pour modérer ses effets irritants, il est bon de l'absorber, soit dans du lait, soit en compagnie d'un émollient). Le suc sera pris à la dose de 50 à 100 g par jour ou sous forme de sirop (1 partie de suc pour 2 de sucre) à la dose de 20 à 60 g par jour (enfants au-dessus de cinq ans).
Au bord de la mer, surtout dans les régions de côtes basses et d'estuaires, il est aisé de récolter le cochléaria pour l'usage immédiat, mais comme il n'est pas répandu sur tous les rivages et qu'il manque presque partout dans l'intérieur, on peut, en cas de nécessité, le cultiver au jardin. Cette culture est très simple : la plante demande un sol frais et des arrosages fréquents ; semer en lignes très peu profondes écartées d'une trentaine de centimètres; les graines germent vite: biner dès l'apparition des feuilles; ne récolter qu'au besoin et conserver quelques pieds porte-graines.

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