Fiche Produit

 
Fougère mâle
Dryopteris
 

Le rhizome de cette belle et grande fougère (décrite plus haut dans les généralités) est l'arme classique de la thé­rapeutique moderne contre l'un des parasites les plus désagréables de notre intestin : le ténia. Cet usage date d'ailleurs de la plus haute antiquité; la médecine grecque antique connaissait l'efficacité de la plante contre les vers.

RÉCOLTE

Il est préférable d'employer le rhizome frais et cela est possible dans toutes les campagnes non méditerra­néennes. Pour le séchage, on l'arrache de préférence en hiver, en prenant garde aux confusions avec d'autres espèces dénuées de pouvoirs (il persiste souvent des

frondes hivernales; examiner aussi les frondes mortes qui jonchent le sol autour du pied). Ce rhizome perd très vite ses propriétés à la conservation.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

La fougère mâle est une plante toxique qu'il convient de manier prudemment. Il est toujours préférable d'essayer d'abord les graines de courge (voyez ce nom), non dan­gereuses et d'un pouvoir ténifuge très voisin ; chez les enfants, du moins, il faut les préférer à la fougère. Celle­ci, bien employée, reste cependant le spécifique du ver solitaire; les adultes pourront l'utiliser sans crainte en se conformant aux indications suivantes : diète lactée la veille du traitement; poudre récente de rhizome mêlée à du miel: 12-15 g le matin à jeun; éventuellement 2 à 3 g aux enfants au-dessus de 5 ans (0,5 g par année d'âge). Une heure après, prendre en une fois cette décoction pur­gative préparée à l'avance: 2-5 g d'écorce de bourdaine très sèche pour 150 g d'eau; bouillir 25 mn ; laisser infu­ser 4 à 6 heures (jamais d'huile de ricin). Continuer le régime lacté pendant 2 ou 3 jours ; ne pas recommencer le traitement avant plusieurs semaines.

N.B. : Il est toujours préférable de se rapporter à l'avis médical pour l'utilisation de la fougère mâle. Les méde­cins conseillent généralement l'extrait éthéré présenté en capsules; il est d'une efficacité certaine mais on lui impute déjà des dizaines de cas d'empoisonnements graves, dont plusieurs mortels, causés sans doute par l'irrespect des prescriptions.

• Usage externe

Les feuilles fraîches de la fougère mâle s'appliqueraient utilement sur les douleurs rhumatismales, de la goutte et de la sciatique. On a conseillé aussi, mais à tort (toxicité), les bains mêlés de décoction de rhizome dans les mêmes affections.

AUTRES USAGES

Bien que de vieilles traditions assurent que ceux qui reposent sur un tas de fougères peuvent éprouver des étourdissements, des maux de tête, et même tomber en un sommeil mortel, les frondes sèches de la fougère mâle s'employaient couramment dans les campagnes

pour la confection des matelas et oreillers d'enfant; ces matelas sont bien plus sains que ceux de plumes ; ils conviennent particulièrement aux enfants maladifs et rachitiques, ainsi qu'aux rhumatisants, d'après l'observa­tion populaire.

Les jeunes crosses de cette fougère ont été mangées en temps de disette. Ceux qui recommandent cet usage alimentaire ne l'ont sans doute jamais expérimenté (il pourrait d'ailleurs se révéler dangereux O. Il faut aussi avoir la dent longue et l'estomac creux depuis des jours pour consommer le rhizome mêlé au pain, comme cela s'est pratiqué autrefois en Auvergne, selon Duchesne.

CULTURE

La fougère mâle est souvent cultivée dans les coins ombreux des jardins et des parcs, où elle se reproduit d'elle-même. On la multiplie très facilement par trans­plantation de rhizome. Dans une terre bien humifère, en exposition nord, elle peut donner d'énormes touffes du plus bel effet. On cultivera de la même manière le Poly­stichum setiferum Woynar (Aspidium aculeatum Doell.) au feuillage plus fin, plus élégant.

SUPERSTITIONS

La fougère mâle, aux belles crosses écailleuses plantées en cercle dans l'humus des bois, ne pouvait passer inaperçue au temps heureux des fées et des gnomes. Vers 1800, encore, les souches porteuses de cinq crosses étaient vendues en Allemagne sous le nom de "mains de Saint-Jean" ; elles protégeaient leurs possesseurs contre le mauvais sort. Pendant la Renaissance, on croyait si for­tement que la possession des spores récoltées-la nuit de la Saint-Jean pouvait rendre invisible, que l'Eglise, au synode de Ferrare (1612), dut frapper d'interdit ces cueillettes nocturnes.

M. Leproux rapporte cette curieuse pratique charentaise (l'analogie entre la crosse roulée de la jeune fougère et le corps lové du reptile est évidente) : pour se protéger des morsures de serpent, il faut couper avec les dents, puis rejeter par-dessus la tête, sans y mettre les mains, la pre­mière fougère que l'on rencontre au printemps.

En Bretagne comme en Franche-Comté, selon Delatte, il fallait être en état de grâce pour cueillir la fougère mâle.
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