Fiche Produit

 
Fraisier sauvage
Pragaria vesca
 

Tout le monde connaît la délicieuse fraise des bois, com­mune dans les bois, les clairières et les buissons de toute la France, sauf en basse région méditerranéenne. Je ne jugerais pas nécessaire de la décrire si elle n'était parfois confondue, avant qu'elle ne porte ses fruits, avec la potentille faux fraisier (Potenttlla fragariastrum Pers.) ou "fraiserat" (nom ancien), Rosacée très voisine qui, elle, ne donne que des fruits secs. Elles ont en commun: feuilles trifoliées ; fleurs blanches à 5 pétales séparés et nombreuses étamines ; calices à 5 sépales doublé d'un second calice (calicule) également à 5 divisions; souche émettant des stolons. Elles diffèrent toutefois par les caractères suivants :

Fraisier : pétales ovales ; folioles sessiles, la centrale rarement portée par un court pétiole, plus ou moins poi­lues et pâles en dessous. Plante peu velue.

Potentille: pétales en cœur ; folioles pétiolulées toutes les trois, argentées-soyeuses en dessous. Plante très velue.

La médecine par les simples se sert des feuilles, de la racine et, bien sûr, des fruits parfumés, régal de nos pro­menades en forêt. Il s'agit en réalité de "faux fruits" : le réceptacle devient charnu et succulent à maturité. Il porte alors à sa surface les nombreux vrais fruits, secs, que la science nomme "akènes" et que les consomma­teurs, même botanistes, groupant sous un nom géné­rique tout ce qui, dans un fruit, est capable de se loger dans une dent creuse, appellent "pépins".

La fraise cultivée, dont on connaît plusieurs milliers de variétés, est évidemment celle qui, seule, autorise les cures de fruits ; on préférera les fruits moyens et parfu­més aux fruits obèses et aqueux. Les feuilles et les racines seront plutôt récoltées dans les bois.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

Le rhizome (récolté au printemps à l'apparition des feuilles) et les feuilles (cueillies avant l'apparition des fleurs) sont diurétiques et astringents; leur décoction (8 à 10 g pour 1 litre d'eau; elle colore l'urine en rose et rougit les excréments) est utile dans les diarrhées par hypersécrétion intestinale, passé l'état aigu, dans la dy­ senterie, les hémorragies intestinales (remède symptoma­tique). Dans la dysenterie grave, on a prescrit avec succès le "remède de Blackburn", médecin américain du siècle dernier : faire bouillir dans 1 litre et 15 centilitres de bonne eau-de-vie, 375 g de feuilles fraîches de fraisier jusqu'à ce que le liquide soit réduit à 55 centilitres; 1 cuillerée à café toutes les 3-4 heures. La décoction, en gargarismes, est efficace contre l'angine. Simplement infusées (1 petite pincée par tasse), les feuilles sèches font un thé indigène au goût agréable, qu'on peut aro­matiser de cannelle ou de vanille; cette boisson, dont on peut user régulièrement, est diurétique et dépurative.

La fraise, fruit fragile et délicieux, est un aliment d'une grande richesse et d'une réelle vertu thérapeutique ; ses minéraux: phosphore, chaux, fer (plus d'un gramme de ce dernier par kilo sec, selon 1. Binet), la rendent parti­culièrement utile aux tuberculeux et aux anémiés. Par sa teneur en acide salicylique et par son pouvoir alcalini­sant, elle est très salutaire aux goutteux: on connaît de nombreux exemples de malades (dont Linné lui-même) qui, faisant des cures prolongées de ce fruit, ont pu se préserver des attaques douloureuses auxquelles ils étaient sujets. Le sucre qu'elle contient (6 à 7 % dans la fraise cultivée), différent de celui du commerce, est permis aux diabétiques moyens. La fraise a, d'autre part, le pouvoir de faire baisser la tension artérielle et les hypertendus tireront un bénéfice certain de l'un.des plus agréables traitements par les plantes ! La cure de fraises consiste à prendre, chaque jour, 350 à 500 g de fruits en guise de petit déjeuner.

On sait que les fraises produisent assez souvent des phénomènes d'intolérance qui se traduisent par des érup­tions cutanées; l'étude des allergies expliquera peut-être les raisons de ce fâcheux revers de médaille. Il arrive, toutefois, que les réactions de l'organisme s'atténuent avec l'âge.

Il est à peine besoin de rappeler ici l'emploi de ce fruit, à la cuisine, dans les confitures, en sirop, sur les tartes. J'ai dit plus haut que l'infusion des feuilles donnait un thé agréable et salutaire. Certains ne mangent jamais une fraise sans l'avoir poudrée d'un quart de tour de moulin à poivre: l'épice exalte sa saveur.

CULTURE

Les manuels d'horticulture vous apprendront comment élever le fraisier cultivé. Le fraisier sauvage mérite aussi sa place au jardin, non en plate-bande car il est vite envahis­sant et de peu de produit, mais sur une costière d'est ou d'ouest, par exemple, où, étendant chaque année ses sto­lons (ses "coulants" disent les jardiniers), il couvrira vite une grande surface où les enfants auront la joie d'aller faire des cueillettes. Il vous suffira de transplanter quelques pieds campagnards, au printemps ou à l'automne, pour garnir votre jardin de fraises des bois. Des soins de pro­preté, la suppression des stolons (vous pouvez repiquer les nœuds feuillus et enracinés), des apports de terreau, accroîtront la production et la grosseur des fruits.

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