Fiche Produit

 
Genêt à balais
Cytisus scoparius
 

Ce grand genêt de 1-2 m et plus, se reconnaît facilement à ses très nombreux rameaux verts, dressés, effilés, à 5 angles, aux petites feuilles peu nombreuses, la plupart trifoliées, mais simples sur les jeunes pousses. Les fleurs jaunes (2-2,5 cm), à carène pendante, long style en spirale, calice à 2 lèvres, la supérieure à 2 dents, l'autre à 3 dents, sont réunies en grappes lâches, dressées, feuillées. Le fruit est une gousse très plate de 2,5-5 cm, noire, bordée de longs poils.

Nul en région méditerranéenne, en montagne et dans les contrées calcaires, le sarothamne est répandu et parfois

envahissant ailleurs, sur les sols siliceux ou très décalcifiés (landes, friches, bois clairs, etc.). elle fleurit de mai à juillet. N.B.: Les vrais genêts (Genisla) de la plaine ont des feuilles toutes simples ; ils sont parfois épineux. Les ajoncs (Uiex), très épineux, non feuillés, ont des fleurs à calice à 2 lèvres séparées jusqu'à la base, égalant presque la corolle.

Du genêt à balais, on utilise les jeunes rameaux frais, la cendre des tiges consumées et surtout. les fleurs, qui doivent être cueillies au tout début de leur épanouissement, avant que l'ovaire ne mûrisse en ébauche de gousse (graines toxiques), et séchées le plus vite possible. A renouveler chaque année. Les fleurs noircies au séchage sont à rejeter.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

La spartêine, un alcaloïde surtout présent dans les rameaux, confère au genêt à balais des propriétés toni­cardiaques, ocytociques, antivenimeuses. La plante est aussi vasoconstrictrice et antibémorragique par la présence de dopamine, diurétique par ses fleurs riches en flavonoïdes. C'est surtout cette dernière propriété qui est à retenir au niveau domestique.

• Action diurétique

Depuis qu'un vin de cendre de genêt, recommandé par Mme Fouquet, débarrassa, en 1701, le maréchal de Saxe d'une hydropisie rebelle à tout traitement, cette plante est considérée comme un remède de première importance

quand il s'agit d'accroître le volume des urines et de combattre la rétention des chlorures. Le vin diurétique de cendres de genêt des empiristes s'obtient en faisant macé­rer 50 g de ces cendres, tamisées, daris 1 litre de vin blanc, pendant 24 h (d'autres formules associent cendres de genêt, de lierre et d'absinthe) ; 3 à 5 petites verres par jour. On obtient la cendre de genêt en allumant un feu de ses rameaux verts en un lieu propre où l'on puisse, ensuite, la recueillir sans corps étrangers. Quoique les principes actifs de la plante aient disparu à la combustion, ces cendres, très riches en potasse, ont un effet diuré­tique manifeste. L'infusion des fleurs est plus simple à prescrire : 1 c. à soupe de fleurs sèches pour 1 tasse d'eau; 2 à 4 tasses par jour; sucrer si nécessaire. L'action des fleurs de genêt sur la sécrétion urinaire se combine avec de légers effets cardiotoniques et analgésiants. La médecine traditionnelle a tiré parti de ces propriétés conjointes dans l'hydropisie, l' œdème, la néphrite, la gra­velle, l'albuminurie, les rhumatismes, la goutte, l' hépatite chronique, les dermatoses rebelles (infusion de fleurs comme ci-dessus). Dans les affections pulmonaires aiguës, pleurésie, pneumonie, broncho pneumonie, ainsi que dans la grippe et les fièvres éruptives, l'infusion des fleurs aide l'organisme à évacuer les chlorures et l'urée dont la réten­tion peut accompagner ces maladies. A son usage, le volume des urines augmente, leur teneur en sels s'accroît, la respiration est facilitée, le muscle cardiaque est soutenu. N.B. Le genêt à balais, plante à alcaloïdes (spartéine, lupanine, etc.), est_lÛUJgereux àforte dose. Il est impé­ratif de limiter la durée des cures, de proscrire la plante chez l'enfant et la femme enceinte. Les graines sont parti­culièrement toxiques.

• Usage externe

La lessive de cendres, en compresses chaudes, aidait jadis à taiter les engorgements lymphatiques et scrofuleux, ceux des glandes mammaires, les gonflements articulaires, les abcès. Les jeunes rameaux fleuris peuvent aussi être utilisés, en décoction à 10 %, sur les dermatoses, érysipèle en particulier (lotions et compresses biquotidiennes).

Les bergers d'Auvergne voyaient les moutons qui broutaient le genêt résister aux morsures des vipères. G. Billard, de Clermont-Ferrand, a récemment montré

que le sulfate de spartéine avait un réel pouvoir anti­venin. Le Pr L. Binet a expérimenté l'action de la poudre de fleurs sur le venin de cobra dont les rats supportent alors 1,5 fois la dose mortelle, tandis que 40 0/0 d'entre eux survivent à la double dose. En cas d'urgence, quand le médecin est loin et qu'on a du genêt sous la main, appliquer sur la morsure un emplâtre de rameaux broyés après usage de la seringue aspire-venin. Leur jus en compresses et leur décoction, à l'intérieur (prudemment), complètent le traitement.

USAGES DIVERS

Dans les campagnes, on fabrique encore des balais avec des rameaux de genêt. Dans les pays pauvres, on en faisait des fascines utilisées pour la construction de huttes et d'abris; on chauffait le four à pain de ses rameaux séchés qui donnent une cendre très riche en potasse.

Le genêt est très utile au cultivateur: plante amélio­rante, peu exigeante quant à la nature du sol, il peut servir à la remise en culture des terres sableuses et pauvres en azote (semer sans enterrer sur de la fétuque ovine ou de la houque laineuse qui feront aux très jeunes plants un ombrage favorable). Dans certains cantons de Bretagne, existait autrefois la louable habitude de cultiver le genêt spécialement dans les mauvaises terres. Ses jeunes rameaux, fauchés, étaient ensuite enterrés en engrais vert dans les terres cultivables.

Bosc (1822) a vu en Galice, sur des sols schisteux, des genêts cultivés atteindre 6 à 9m de hauteur en douze ans" ; après quoi la terre retournée donnait de bonnes récoltes pendant plusieurs années ; les soins aux plantations consistaient en l'arrachage progressif de tous les pieds les plus faibles

Les boutons du genêt à balais peuvent être confits au vinaigre comme des câpres.

Traité en massif ou en arbrisseaux isolés, le genêt est une plante ornementale intéressante à la floraison, qui se reproduit facilement de graines récoltées un peu avant maturité (quand la gousse est bien sèche, elle "pète",

comme disent les enfants, en projetant au loin ses graines: dans certains champs, en juillet, grésille une mitraille pacifique) et laissées quelque temps aux courants d'air. Il faut la semer à la volée, en surface d'un sol bien propre, puis repiquer les plus beaux plants quand ils ont acquis une certaine vigueur.

N.B. : Le spartier, ou genêt d'Espagne (Sparttum jun­ ceum L.), bel arbrisseau commun dans le Midi et souvent planté ailleurs pour l'ornement, ne doit pas être confondu avec le genêt à balais : il est en effet très toxique, surtout par ses fleurs et ses graines. Il est facilement identifiable à ses rameaux cylindriques, lisses et glauques, très effilés comme des joncs, très peu feuillés (feuilles simples), à ses grandes fleurs jaune vif, odorantes, en grappes termi­nales, dont le calice est réduit à la lèvre inférieure.

Ce genêt a un certain nombre d'emplois industriels: de ses rameaux souples, on tresse des espadrilles, des paniers, des objets divers. Des longues fibres qu'ils contiennent, on fabrique des cordages, on tisse une grosse toile très solide. Pendant très longtemps, la région de Lodève, dans l'Hérault, a cultivé cette plante pour la filature artisanale locale qui suffisait aux besoins de plusieurs milliers de familles.

La texture du genêt d'Espagne le rend propre, enfin, à la fabrication du papier. Tant de terres arides pourraient le produire en s'améliorant qu'il est regrettable de le voir cultivé seulement pour l'agrément. L'industrie du papier dévore aujourd'hui les forêts avec un appétit sans cesse accru. Le seul numéro dominical d'un journal américain engloutit un tonnage de papier représentant la crois­sance annuelle de soixante hectares de bois ; il paraît deux mille quotidiens aux Etats-Unis ...


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