Fiche Produit

 
Grande consoude
Sympbytum officinale i
 

Sous les peupliers, au bord des rivières, dans les lieux marécageux, les fossés, les grosses touffes de la grande consoude disent toujours un sol gorgé d'eau, une réserve inépuisable de nourriture et de sève grasse.

Vous reconnaîtrez facilement cette robuste plante vivace à ses feuilles épaisses et plus ou moins rêches, les inférieures ovales-lancéolées, pétiolées, atteignant 25 cm et plus, les moyennes sessiles, prolongées en aile sur la tige. Les fleurs roses, violacées ou d'un blanc jaunâtre, à corolle tubuleuse d'environ 15 mm, s'ouvrant en 5 lobes très courts, rebroussés, sont réunies en petites grappes roulées sur elles-mêmes avant la floraison et se déployant progressivement. La plante, qui atteint 1,20 m, possède une souche épaisse, ramifiée, non tubérisée.

La consoude fleurit de mai à juillet dans les lieux humides de presque toute la France, parfois en masses (dans les peupleraies) ; elle est rare dans le Midi. Il lui arrive d'envahir les jardins mal entretenus.

On utilise principalement sa racine, brune à l'extérieur, blanche à l'intérieur, épaisse de 1 à 2,5 cm, que l'on récolte de l'automne au printemps (de préférence au printemps) pour le séchage, toute l'année pour l'usage immédiat.

ne partage pas les vertus de la grande consoude. 2) Les préparations de consoude, riches en tanin, ne doivent pas être mises en contact avec le fer.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

La grande consoude, dite aussi oreille d'âne (parmi beaucoup d'autres 0, est l'une de nos meilleures plantes cicatrisantes. consoude vient du latin consolida, de conso­lido, je consolide, je répare; symphytum, en grec, a le même sens. Autant dire que cette Borraginacée jouis­sait, chez les anciens, d'une grande estime. De Diosco­ride (1er siècle), qui la prescrivait contre les crachements de sang et sur les hémorroïdes, à Fernel (XVIe siècle), qui en composa un sirop longtemps réputé dans les maladies de poitrine, l'hémoptysie, la phtisie, la consoude connut en effet tous les emplois des grands vulnéraires, à l'inté­rieur comme à l'extérieur. Sa gloire s'éclipsa peu à peu dans les siècles suivants et c'est seulement au début du nôtre que le médecin anglais Macalister (1912) remarqua l'excellent effet de l'infusion concentrée de racine sur des ulcères rebelles à tout traitement. Il publia des observations qui incitèrent deux chercheurs également anglais, Titherley et Coppin, à étudier la composition chimique de la plante. L'analyse montra un taux élevé d'allantoïne,. substance épithéliogène présente dans le liquide amniotique des mammifères. Par la suite, on y trouva du tanin, une huile essentielle, une résine, beaucoup de mucilage, etc., et aussi des alcaloïdes inoffensifs aux doses médicinales. Ces divers constituants font de la plante une active répara­trice des tissus, à la fois a ntihémorragique, cicatrisante et calmante.

• Usage interne

La consoude s'indique utilement dans les maladies des voies respiratoires : bronchites, trachéites, toux rebelle. Ses propriétés cicatrisantes en font un adjuvant de valeur dans la tuberculose pulmonaire, où elle peut entraver l'hémoptysie (voir aussi "Potentille", "Prêle"). L'infusion concentrée (100 g de racine séchée pour 1 litre d'eau bouillante, laisser en contact une nuit) calme rapidement la diarrhée, favorise la cicatrisation des ulcères gastro­duodénaux, combat l'inflammation des colites; 1 tasse après les repas ou au moment des douleurs.

En mémoire de l'ancienne médecine, voici la recette quatre fois centenaire du sirop de consoude de Fernel (plantes fraîches) :

sommités de consoude: 250 g pétales de roses rouges: 450 g bétoine: 450 g

plantain: 450 g

pimprenelle: 450 g scabieuse: 450 g

tussilage : 450 g.

Piler toutes ces herbes, en exprimer le jus dans un linge, ajouter 1,250 kg de sucre et porter à ébullition; au premier bouillon, ajouter 250 g de racines de consoude nettoyées et râpées. Faire cuire jusqu'à consistance de sirop, passer et conserver en flacons bien bouchés. Ce sirop a été longtemps prescrit pour combattre les diar­rhées, les hémorragies, la toux et dans diverses affections des voies respiratoires.

• Usage externe

C'est ici que la consoude vulnéraire manifeste au plus haut ses vertus. La racine fraîche, épluchée, bien lavée, ébouillantée, broyée, donne les meilleurs résultats. La décoction concentrée peut cependant la remplacer: 200 g de racine sèche, concassée, par litre d'eau; faire bouillir 20 mn à feu doux, à couvert. On utilisera l'une ou l'autre de ces préparations sur les ulcères, les plaies suppu­rantes, les escarres, les brûlures profondes. Les Dr Leclerc et Decaux (1943) ont obtenu un résultat spectaculaire d'une pommade à base de consoude sur un "vaste et profond ulcère variqueux" et le premier de ces deux pra­ticiens a maintes fois observé l'efficacité de la plante dans les détériorations graves du derme. Les travaux de J.-L. Teissier (1947) attestent aussi que la grande consoude déterge les plaies, tarit les suppurations, entraîne une régénération rapide des tissus. S'il n'est guère utile de s'en servir sur les plaies de peu d'importance pour lesquelles un bon nettoyage à l'eau oxygénée, suivi d'un panse­ment, suffit généralement et que les propres défenses de l'organisme ferment promptement, il faut s'en souvenir chaque fois qu'une cicatrisation tarde à s'opérer.

Sur les brûlures du premier degré, la pulpe fraîche procure un soulagement rapide. Elle calme et cicatrise

promptement les gerçures des seins: les nourrices, autre­fois, pratiquaient dans la racine fraîche une cavité de la taille d'un dé à coudre et y introduisaient le mamelon gercé ; cette recette simple et sans danger, naguère bien connue dans les campagnes, convaincra celles qui l'utili­seront de la réelle efficacité des simples (quand on ne trouve que des racines trop petites, les nettoyer soigneu­sement, les réduire en pulpe et en faire des cataplasmes).

En injections, l'infusion concentrée est un bon remède de la métrite, de la vaginite, de la leucorrhée et de la plu­part des inflammations des organes génitaux féminins.

USAGES DIVERS

Les jeunes feuilles sont comestibles en salade ou, de pré­férence, cuites à la façon de l'épinard. En Allemagne, on en fait des beignets, recette qui va bien à leur épaisseur mucilagineuse.


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