Fiche Produit

 

Lavandes
Lavandula

 

Là où la grande carline trouve assez de forces de lumière pour éclairer son soleil, la petite lavande distille des

ailloux, aux feux de l'astre qui se promène en ses champs, bleus comme en un autre azur, un parfum écla­tant et suave qui n'est peut-être' qu'une quintessence de lumière, visible des abeilles, mais trop pure à nos yeux d'humains pris au piège de l'arc-en-ciel.

Trois lavandes parfument nos collines méditerra­néennes, s'aventurant plus ou moins dans les massifs mon­tagneux voisins. Voici comment les reconnaître (voyez d'abord, à "Romarin", la clef des Labiées du Sud).

1 Fleurs pourpre foncé, minuscules, en épis carrés très denses surmontés d'un plumeau de grandes bractées violettes ; rameaux feuillés jusque sous les épis. Basses régions chaudes, siliceuses Lavande stœchas

.... Fleurs bleues ou d'un bleu violacé à corolle d'environ 1 cm, en épis lâches non surmontés par des bractées; rameaux longuement nus sous les épis 2

2 Verticilles floraux de l'épi associés à 2 petites bractées largement ovales-pointues, brunes, membraneuses ; feuilles étroites, linéaires, non en spatule ; rameaux florifères simples ; odeur très agréable. Collines et basses montagnes

dans les maladies infectieuses, fièvres éruptioes en particu­lier (H. Leclerc). C'est aussi un remède de la grippe bien préférable aux antibiotiques passe-partout, absurdement galvaudés au point de se rendre inopérants là où ils sont irremplaçables. La plante doit être infusée ici à un taux plus élevée: 2 c. à dessert par tasse de 200 g d'eau bouil­lante ; 3 à 4 tasses par jour.

Dans les maladies infectieuses, surtout dans les fièvres éruptives, le Dr Leclerc recommande cette "tisane des cinq fleurs", diurétique et sudorifique :

fleurs de lavande : 10 g

fleurs de souci : 5 g

fleurs de bourrache : 5 g

fleurs de genêt : 5 g

fleurs de pensée sauvage : 5 g.

Une cuillerée à soupe du mélange pour une tasse d'eau bouillante, laisser infuser 10 minutes; de 3 à 4 tasses par jour.

• Usage externe

Quoique l'on utilise ici surtout l'essence, la décoction à 1-3 % (bouillir 1 mn et laisser infuser 1 Omo à couvert) s'emploie, comme celle de romarin, contre les foulures, les entorses, les contusions, les douleurs 7'bumattsmales (dans ce dernier cas, en association avec l'huile de mille­pertuis et l'huile de camomille), etc. L'essence, obtenue par distillation, et l'alcoolat (macération des fleurs dans l'alcool: 100 g pour 1/2 litre d'eau-de-vie ou d'alcool à 30° ; laisser en contact 15 jours et filtrer) sont des vulné­ raires efficaces, que l'on peut employer sur les ulcères, les plaies, certaines dermatoses. Contre la teigne, on en fric­tionne le cuir chevelu. Quelques gouttes d'essence (qu'on doit toujours employer très diluée) dans un verre d'eau chaude font une préparation antiseptique utilisable en gargarismes (angines), en inhalations (rhinites, bron­chites) et en injections (leucorrhée, blennorragie).

La lavande aurait des propriétés antivenimeuses: selon

Valnet (1964), les chasseurs des Alpes, "lorsque les chiens sont mordus par des vipères... cueillent de la lavande, la froissent et en frottent les animaux mordus. Le vénin est immédiatement neutralisé". Cette pratique reste vivace en Haute-Provence (197

 

•  USAGES DIVERS

L'essence, l'alcoolat de lavande, chassent le poux de la tête et les insectes parasites des armoires. Les petits sachets de fleurs sèches que l'on place dans les piles de linge sont d'un usage encore très répandu ; on peut mêler aux fleurs de lavande celles de l'absinthe ou de la matricaire camo­mille. On frottait autrefois les pieds des lits d'un peu d'essence de lavande pour contrarier l'ascension des punaises nocturnes.

Les fleurs, ou quelques gouttes d'essence, parfument agréablement les bains. Les Romains en faisaient grand usage, tant pour le bain que pour la lessive; le nom de lavande vient d'ailleurs de laoare : laver.

Vous obtiendrez une eau de lavande agréable pour la toilette en faisant macérer, pendant un mois, 60 g de fleurs fraîches dans 1 litre d'alcool à 32°.

En Haute-Provence, Drôme et Basses-Alpes, on ren­contre souvent, près des points d'eau, d'étranges construc­tions de fer et de tôle : ce sont des distilleries rustiques de lavande; les fleurs coupées supportent très malle trans­port et il faut en tirer l'essence au plus tôt. Autrefois, des alambics démontables parcouraient le pays à dos de mulets et s'installaient près des sources où les cultiva­teurs apportaient la récolte. Ces pratiques artisanales, "à feu nu", sont remplacées, de nos jours, par la distillation à la vapeur qui permet d'obtenir un meilleur rendement et (en principe) un meilleur produit.

La lavande est d'autant plus riche en essence fine qu'elle croît sur un sol aride et bien exposé. C'est dire qu'elle est la seule culture rémunératrice permise dans bien des régions méridionales. On cultive cependant, la plupart du temps, une forme des milieux plus ou moins ombragés qui, d'un parfum moins suave, est plus riche en esters. Comme pour la vigne, il existe d'ailleurs un grand nombre de "crus" de lavande, dont la qualité dépend de l'altitude, du sol, des façons culturales, etc., et bien sûr de la variété cultivée.

Colin Clair, dans son Dictionnaire des herbes et des épices, dont l'adaptatrice française nomme par erreur "aspic" et "spic" la lavande officinale quand ces noms s'appliquent à l'espèce suivante, assure que "les meilleurs extraits de lavande sont ceux que l'on distille à partir des plants anglais". Si le Surrey produit en effet une grande quantité de lavande à partir de pieds importés, l'essence anglaise contient jusqu'à dix fois moins d'esters que l'essence fine française .

. Sous le nom de lavandins, on réunit un certain nombre de formes sélectionnées à partir d'hybrides des lavandes officinale et aspic, hybrides fréquents à l'état sauvage. Les lavandins, souvent très robustes, peuvent donner huit à dix fois plus d'essence que la lavande vraie, mais bien moins délicate.


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