Fiche Produit

 

Lierre terrestre
Glecboma bederacea

 

 

Bien que le lierre terrestre soit l'une des "herbes de la Saint-Jean", il fleurit au premier printemps et il est rare d'en trouver encore en fleurs au moment du solstice. Cette jolie petite herbe vivace, mollement velue ou presque glabre, est l'une des Labiées les plus facilement reconnaissables. Ses tiges couchées, longuement ram­pantes (d'où le nom de courroie de satnt-J~), s'enra­cinant aux nœuds, émettent des tiges florifères dressées de 5-30 cm portant des petites feuilles opposées, pétio­lées, presque rondes (d'où rondotte, rondelette), en

cœur à la base, crénelées, souvent rougeâtres. Les fleurs violacées sont réunies par 2-3 à l'aisselle des feuilles supérieures et regardent du même côté. Leur corolle de 1,5-2,5 cm, en tube s'ouvrant en deux lèvres, dépasse lon­guement un calice également tubuleux, étroit, à 5 dents courtes. Les étamines à anthères coudées, rapprochées sous la lèvre supérieure, dessinent, à elles quatre, deux petites croix de Saint-André placées l'une au-dessus de l'autre. Ce caractère, spécial à l'espèce chez nos Labiées communes, est surtout visible au début de l'épanouisse­ment.

Cette plante n'a de commun que le nom avec le lierre (habituellement) grimpant des arbres et des vieux murs, qui est une plante ligneuse aux feuilles persistantes.

Le lierre terrestre est très répandu dans les haies, les sous-bois, les vergers, les jardins négligés où il se montre parfois même envahissant. Il n'est rare qu'en région méditerranéenne. Son odeur est assez forte, peu agréable; en infusion, son goût un peu résineux, un peu amer, n'est pas déplaisant.

RÉCOLTE

A l'apparition des fleurs, cueillez les tiges du lierre ter­restre le matin, après dissipation de la rosée, de préfé­rence en des lieux secs et ensoleillés. La dessiccation s'opère sans peine au sec et à l'ombre, sur une claie, Conservez la plante, devenue d'une extrême légèreté, en boîtes ou en bocaux bien clos. Si possible, puisque cette espèce est très commune, renouvelez-en la provision chaque année.

PROPRIÉTÉS MÉDICINALES

Le lierre terrestre est l'une des quelques plantes encore utilisées couramment dans les campagnes. J'ai vu des paysans l'employer en Bretagne et dans le Berry. C'est une plante béchique et tonique dont les effets sont voisins de ceux du marrube avec une action plus asséchante qui la rapprocherait de l'hysope.

Vanté au XVIe siècle contre les plaies externes et internes et même, plus tard, contre la folie (on imbibait des feuilles de papier buvard de sa décoction qu'on appliquait sur le crâne rasé des malheureux déments 0, le lierre terrestre n'apparut qu'assez tardivement au rang

des plantes pectorales. En 1600, cependant, Olivier de Serres affirmait déjà que son jus, pris par le nez, "guérit la puanteur et la défluxion d'iceluy" et "purge aussi le cerveau". C'est au xvrr siècle que s'établit son renom de

- - remède de choix des maladies des voies respiratoires, renom qui ne tarde pas à outrepasser sa réelle valeur puisque plusieurs médecins affirment alors que la plante guérit la tuberculose pulmonaire (il s'agissait probable­ment de catarrhes plus ou moins graves, pris pour des phtisies : le stéthoscope n'était pas encore inventé et la valeur du diagnostic dépendait surtout du flair du prati­cien). Il n'en reste pas moins que le lierre terrestre est une plante très utile, qui a fait ses preuves dans le catarrhe chronique des bronches, la broncborrée, l'asthme humide et la toux. Son usage est surtout indiqué dans les affec­tions bronchique marquées par une forte expectoration ; il est déconseillé dans l'irritation accompagnée de toux sèche ; on utilisera l'infusion des sommités à la dose d'une bonne pincée par tasse.

Cette plante, assez dédaignée des contemporains, est d'une efficacité confirmée: Cazin (1850), initiateur de la phytothérapie moderne en France, n'écrit-il pas : "J'ai guéri, par le seul usage d'une forte infusion de lierre ter­restre, des catarrhes pulmonaires 'chroniques, qui, sans l'exploration des organes respiratoires, auraient été consi­dérés comme des phtisies bien caractérisées." Chomel, qui dit avoir vu de très bons effets du sirop dans l'asthme humide (1 partie de suc frais exprimé pour 1 partie de sirop simple; 2 à 3 cuillerées à soupe par jour aux adultes, à dessert aux enfants), "dans la vieille toux et le catarrhe", conseille ce mélange qui plaira aux amateurs de tisanes composées: "Prenez lierre terrestre, hysope, une poi-

_ gnée de chaque; polypode, deux onces (60 g) ; fleurs de

. coquelicot, une pincée; réglisse, une once (30 g) ; sas­safras, demi-once, le tout infusé dans une pinte (environ 1 litre) d'eau chaude; ajoutez-y un morceau de sucre de demi-livre (250 g environ), et faites-en prendre matin et soir un petit verre, et même pendant la nuit" (le poly­pode peut, sans inconvénient, être réduit à 30 g et le sas­safras, arbre américain aux propriétés sudorifiques, remplacé par la bourrache). Une méthode plus simple et tout aussi efficace consiste à faire bouillir quelques minutes et infuser 1/4 d'heure lOg de sommités de lierre

terrestre dans 1 litre de lait : 2 à 3 tasses par jour, sucrées au miel.

L'usage prolongé du lierre terrestre peut occasionner des diarrhées, je l'ai éprouvé sur moi-même ; la plante a d'ailleurs une action reconnue au niveau digestif, mais variable et restant à préciser : certains la conseillent dans les dyspepsies avec hyperacidité, comme modératrice des sécrétions; d'autres comme stimulante gastro-intesti­nale et biliaire. Ces indications ne sont d'ailleurs pas contradictoires.

• Usage externe

Le lierre terrestre s'employait communément, dans les campagnes, sur les ulcères, les plaies rebelles à la cicatri­sation, etc. Son suc a été vanté contre les brûlures (cuit avec de la graisse d'oie, en particulier) ; mieux vaut se fier ici à des simples plus éprouvés.

USAGES DIVERS

J. Bauhin assure que le lierre terrestre, pulvérisé et mêlé au picotin, chasse les vers des chevaux et guérit ceux qui ont la pousse.


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