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Index des plantes médicinales

Propriétés des plantes médicinales

INTRUS MAÎTRISÉS

 

 

Il s'agit d'écarter les prédateurs, Acariens et Insectes, et de lutter contre l'effet de leurs piqûres. Sont intrus également Bactéries, Champignons et Virus. Les plantes peuvent-elles jouer un rôle efficace ?
Dans le Midi de la France et même sur les bords de la Loire, il est classique de demander au Basilic un rôle de dissuasion: on prétend qu'un pied croissant devant la fenêtre écarte les moustiques. D'autres plantes à huiles essentielles sont également préconisées;' Mélisse à odeur de citron (d'où le nom abusif de Citronnelle), Verveine odorante, Verveine des Indes (Cymbopogon citratus), Pélargonium dit à tort Géranium.
Quant aux fourmis qui envahissent les maisons à certains moments de l'année, on peut les écarter, paraît-il, en disposant sur leurs voies de passage des brins de Cerfeuil et des feuilles de Tomate. On prétend que plusieurs espèces d'A/lium, Ail, Échalote, Oignon, écarteraient les moustiques. Mais l'odeur dégagée n'est pas toujours agréable pour les hôtes de la maison. La plante doit être tout à fait déplaisante aux Insectes, mais tolérée par nous-mêmes. Dualité difficile. Des travaux modernes éclairent d'un jour nouveau cette question : les substances odorantes peuvent agir comme des signaux repoussant ou plus souvent attirant les Insectes. Certaines ont valeur de phéromones, stimulant les processus comportementaux et sexuels. En revanche on connaît moins bien les produits spécifiquement repoussants des Insectes parasites qui, par contre, sont attirés par les odeurs que nous émettons nous-mêmes. Outre les classiques Cu/ex et Anophèles, il s'agit des Phlébotomes - au nom chirurgical -, de Simulies génératrices
d'un intense prurit après leurs incursions perforantes, et aussi des Aoûtats, petits acariens rouges redoutés des maraîchers et jardiniers, des larves de tiques que récoltent chasseurs et chiens. En pays tropicaux humides, ce sont encore les sangsues, qui infestent la forêt indochinoise et malgache : dès que s'arrête un passant, elles convergent à vive allure pour l'investir et sucer le sang.
Comment écarter toute cette faune vorace ?
Peut-être d'actives enquêtes ethnologiques nous informeraient-elles des moyens retenus ici et là.
La lutte organisée contre Insectes et Acariens bénéficie largement de constituants végétaux : roténoïdes et pyréthrines. Les premiers sont extraits des racines d'arbres tropicaux Derris, Loncbocarpus de culture industrielle. Les seconds proviennent du Chrysanthème insecticide, dit Pyrèthre de Dalmatie, cultivé au Japon et surtout au Kenya. Ces pyréthrines ont servi de modèle à la recherche en chimie de synthèse. Les insecticides administrés en bombes à aérosols contiennent maintenant ces produits biodégradables, avantage précieux pour l'équilibre de la faune. Par contre la nicotine du Tabac, longtemps utilisée, est maintenant oubliée car trop difficile à manier.
Malgré les précautions prises, des insectes prédateurs peuvent s'attaquer à la peau, provoquant irritation, inflammation, voire infection. Plusieurs recettes préconisent de frotter aussitôt avec des feuilles fraîches de Cassis, de Sauge officinale, de Cerfeuil, de Persil et surtout de Plantain, ou encore avec de la pulpe d'Oignon ou de Poireau.
Dans les campagnes, on prétend même qu'il faut associer trois ou cinq « herbes » différentes

et les écraser sur la plaie pour obtenir un bon effet. Est-ce une réminiscence magique ou, en raison de l'ignorance générale de la botanique, pense-t-on qu'ainsi on aura eu la chance de récolter au moins une espèce efficace? On retrouve là, les conseils prodigués contre les piqûres d'Ortie, car il s'agit, dans la plupart des cas, de manifestations non spécifiques dues à la libération dans la peau des fameux médiateurs physiologiques, histamine et kinines. Il faut donc opérer très vite.
Obtenus par distillation de branches et de bois, des goudrons, en particulier celui du Cadier méditerranéen ou huile de cade (funiperus oxycedrus ), sont souvent préconisés pour le traitement de diverses dermites et peuvent posséder des propriétés antipsoriques, contre la gale. Mais dans ce domaine le baume du Pérou s'impose. C'est une oléorésine à odeur de vanille obtenue par incision et brûlage du tronc de Myroxylon (balssmum) pereirae, un' précieux arbre du Salvador.
Si l'on change d'échelle pour s'intéresser maintenant à la défense contre les micro-organismes pathogènes, bactéries et champignons, les plantes offrent encore de brillantes possibilités. Faut-il rappeler le poids des antibiotiques dans la thérapeutique "1ttuelle, molécules d'origine naturelle souvent améliorées par hémi-synthèse ? Leur emploi est avantageux en dermatologie, mais il ne peut se faire sérieusement sans avis médical en raison des risques d'adaptation des germes à détruire avec apparition possible de mutants résistants.
Les huiles essentielles, plus faciles à manier, sont pour la plupart antibactériennes, en particulier celles de Lavande, Thym, Sarriette, Hysope, Romarin, Eucalyptus, Niaouli, Cajeput, Myrte. Ces essences ont en outre l'avantage d'une odeur agréable. Sont encore antibactériens Souci, Millefeuille, Noyer, Henné, Cannelles et de très nombreuses autres plantes dont l'exploration est systématiquement menée un peu partout dans le monde.
Les recettes pour traiter abcès, furoncles et anthrax ne manquent pas. Dans beaucoup de cas, ce sont des cataplasmes destinés à faire « mûrir ». Ainsi Lis, Poireau, Oignon, son de Blé, farine d ' Avoine agissent par des fructosannes et des mucilages. Mais on peut invoquer aussi des actions
spécifiques dues à certains constituants tels que saponosides du Bouillon blanc, de la Pensée sauvage, du Sceau de Salomon, de la Pervenche, du Buis, et flavonoïdes présents dans le Persil, la Ronce, le Coudrier, le Géranium herbe à Robert, l'Androsème officinal, Rumex cris pus, R. sanguineus et R. acetosella. Il est de tradition d'administrer par voie orale des extraits de racine fraîche de Bardane comme antifuronculeux.
Contre les champignons derrnatophytes peuvent agir des antibiotiques tels que la griséofulvine et la nystatine, eux-mêmes issus de micro-organismes, et des antifongiques de végétaux supérieurs: Pin, feuille de Tomate, diverses plantes à quinones. Selon un usage très ancien en Égypte, en Inde et maintenant généralisé, la face plantaire du pied est traitée par une pâte de feuilles de Henné (Lau/sonia inermis). Ce traitement à .la lawsone, une naphtoquinone, est efficace contre le « pied d'athlète» dû à l'attaque de l'Epidermophyton floccosum et du Trichophyton rubrum.
De même les fruits du Cama alata, contenant une anthraquinone, la rhéine, sont-ils très largement employés dans mainte région tropicale contre diverses mycoses cutanées. Bien entendu beaucoup de plantes. possèdent des propriétés à la fois antibactériennes et antifongiques, tels des lichens (Usnee barbata ). La relative facilité des essais biologiques, pour mettre en évidence une action antibactérienne ou antifongique, explique la multiplicité des résultats enregistrés.
Il n'en est pas de même pour la recherche d'effets antiviraux: l'essai biologique est plus lourd et délicat. Contre le virus herpétique ont été démontrées récemment l'action du Mouron rouge, celle de plusieurs Fougères, de plantes riches en flavonoïdes et peut-être celle de l'huile essentielle d'Hysope. Des propriétés virucides vis-à-vis de l'herpès virus ont été reconnues à la lycorine, un alcaloïde des Amaryllidacées, à des extraits de Chélidoine, Châtaignier, Giroflier, Ajonc, Pivoine, Matricaires diverses. Les propriétés peuvent-elles être appliquées au traitement de l'herpès?
Pour le virus du zona, on trouve des prescriptions telles qu'un mélange d'huiles essentielles de Thym, Romarin, Lavande, Sauge à appliquer sur les lésions et, par voie générale, une alcoolature de feuille de Cassis ou encore une association d'alcoolatures d'Artichaut, d'Ortie, de Pissenlit, de Prêle. En cas de zona hyperalgique, on peut essayer une décoction de feuilles de Plantain en compresses et l'absorption per os d'huiles essentielles de Lavande, Sarriette, Géranium rosat, accompagnées d'alcoolatures de Cassis ou de Sureau noir et de suc désséché de Papayer. On aimerait comprendre le mécanisme de l'action
bienfaisante. Il faut distinguer en effet la pénétration du virus et son développement dans la cellule-hôte.
Le latex orangé des tiges et des racines de Chélidoine appliqué sur les verrues peut en arrêter l'évolution, voire la faire régresser. Le mécanisme est attribué à une action antimitotique. Y aurait-il une action antivirale complémentaire?


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