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Index des plantes médicinales

Propriétés des plantes médicinales

LES PLANTES ET LE SOLEIL

 

 

Parmi les facteurs physiques auxquels la peau est sensible, la lumière joue un rôle capital. Plus précisément ce sont les rayons ultraviolets, de moyenne et de grande longueurs d'onde, UV B et UV A, présents dans le spectre solaire qui activent l'ergostérol en vitamine D, stimulent la mélanisation, mais aussi accélèrent le vieillissement de la peau, tandis que les infrarouges sont les principaux responsables des « coups de soleil ». L'art de la Cosmétologie est de favoriser le brunissement en évitant l'action agressive des rayonnement UV B, grâce à des filtres judicieusement choisis, et encore de réhydrater et d'adoucir en cas d'érythème et de brûlure. La notion de filtre est très importante : pour prendre un exemple intéressant la nutrition, il est maintenant établi que la pigmentation de la peau riche en mélanine empêche une irradiation correcte de l'ergostérol.

Au Brésil, cumaru désigne un arbre à grosse graine odorante (Fève Tonka) de la famille des
. Légumineuses. Le botaniste AUBLET en fit la description sous le nom de Coumarouna odorata (maintenant Dipteryx odorata). La fine odeur de la graine, qui rappelle la fleur de Mélilot et les foins coupés, est due à une substance de structure fort simple, la coumarine, qui a donné son nom à une importante série de substances assez fréquentes dans les plantes.
Intéressantes sont les furocoumarines, ainsi nommées parce qu'un anneau furane * s'associe au motif coumarine. On les rencontre surtout chez
les Ombellifères, grande famille des pays tempérés, et chez les Rutacées, adaptées aux régions chaudes, voire tropicales.

Les furocoumarines exercent une action complexe. Leur structure chimique, avec une distribution conjuguée de liaisons insaturées, leur confère une forte réactivité électronique. Ce sont des photoréacreurs capables d'absorber de l'énergie lumineuse apportée surtout par des UV A. Les molécules passent ainsi à l'état excité de vie extrêmement courte, puis reviennent à leur niveau initial en restituant l'énergie. Celle-ci peut alors être transmise à des systèmes biochimiques qui conduisent à des manifestations spectaculaires : tout d'abord une stimulation de la mélanisation appliquée en Cosmétologie, mais malheureusement aussi des accidents dermatologiques. L'expression de photodynamisation rend compte de cette propriété biologique préférable à celle de photosensibilisation qui suggère un mécanisme allergique.
Peut-être est-ce à des observations très anciennes en Égypte qu'est rattaché l'usage de l'Ammi majus. Dans les pays où l'ardeur du soleil contribue à assurer une couleur relativement bronzée à la peau, des taches dépigmentées sont une malédiction. A ceux qui en présentent, la médecine populaire ancestrale fait absorber des tisanes de fruits de cette Ombellifère méditerranéenne qui contiennent de la xanthotoxine et de l'impératorine.
Ces substances s'utilisent par voie buccale.
L'idée est venue aussi de les administrer localement. Mais alors intervient la nature du véhicule : pour un effet bénéfique, il doit retenir les furo-coumarines en surface et empêcher leur pénétration en profondeur. Un effet contraire serait obtenu Par la présence d'alcools ou d'autres constituants polaires.

Le bergaptène et d'autres dérivés du psoralène sont donc mis à contribution pour faire brunir la peau, mais aussi comme médicaments du psoriasis, cette maladie causée par un ensemble de facteurs génétiques, infectieux et même psychologiques qui se traduit par une prolifération excessive des cellules épidermiques.

Peut-on signaler une curieuse confluence étymologique? Le nom de psoriasis vient de l'aspect farineux de la desquamation qui rappelle un peu l'effet de gale appelée psorê en grec. Or ce même aspect rugueux se retrouve à la face inférieure des feuilles d'une petite Papilionacée méditerranéenne, baptisée pour cette raison Psoralea corylifolia,. et de cette plante a été isolé initialement le psoralène. L'expression puoatbérapie rappelle l'emploi des psoralènes et des rayons UV A procurés par des lampes spéciales, pour traiter en particulier le psoriasis.
C'est en Calabre qu'est cultivé intensément le Citrus limette var. bergamia, ainsi nommé pour sa ressemblance avec la poire bergamote d'origine turque - s'agit-il alors d'une allusion à la ville de Pergame? Ce petit arbre a été introduit en Afrique noire, en particulier en Côte d'Ivoire et en Guinée. Comme chez les autres Citrus, l'essence est produite
'à l'intérieur de poches situées dans la région corticale du fruit. Dominé par des esters du linalol, son parfum est apprécié dans les eaux de Cologne où les furocoumarines apportent une note incomparable. Mais ces dernières, surtout le bergaptène, ont été naguère responsables d'incidents et d'accidents, après exposition au soleil. D'apparition précoce, en moins d'une heure, les manifestations sont un érythème et des éruptions papuleuses, ultérieurement remplacées par des taches ardoisées fort tenaces. C'est pourquoi l'essence de Bergamote actuellement utilisée est obligatoirement appauvrie en furocoumarines.
La dermite' des prés ou maladie d 'Openheim est également célèbre et fournit du pittoresque aux dermatologues : fort surpris et inquiets, des patients viennent, en début de semaine surtout, montrant d'étranges lésions rougeâtres avec des dessins de
feuillage. L'interrogatoire contribue au diagnostic: la peau humide a été mise au contact d'herbes phorodynarnisantes, le soleil a fait le reste. Parmi les plantes en cause intervient une espèce indigène, la Berce sphondyle (Heracleum spbondylium). On la rencontre dans les prés et au bord des chemins, caractérisée par des feuilles à lobes arrondis et de grosses tiges cannelées à poils raides. Plus riche en furocoumarines est la Berce du Caucase (H. mantegazzianum), récemment introduite en Occident. Sa taille peut atteindre trois mètres et ses ombelles ont le volume d'une tête d'enfant. On la cultive imprudemment comme plante ornementale et elle s'hybride avec la première espèce, formant des peuplements envahissants. La simple projection du suc des tiges, des feuilles et des racines provoque d'intenses réactions après exposition à la lumière.
De tels effets sont à rapporter encore à une autre Ombellifère, à fleurs jaunes cette fois, le Panais urticant (Pastinaca sativa var. urens), banal dans les prairies et sur les bords des routes dans le Sud de la France. Et le Céleri comestible n'est pas toujours innocent. Les maraîchers connaissent bien une maladie professionnelle qui atteint bras et jambes lorsque, surtout par temps orageux, ils sectionnent les tiges du Céleri à branches.
Des dermatoses du même type peuvent être occasionnées par diverses espèces de Ficus : le Figuier producteur de figues et le Sycomore du Moyen-Orient (F. sycomorus), aux feuilles assez riches en psoralène et en bergaptène. Actives plaques tournantes pour l'énergie lumineuse, les furocoumarines font l'objet d'intenses recherches biochimiques et pharmacologiques modernes. On sait maintenant qu'elles peuvent se combiner à des bases thymidiques dans la séquence des acides nucléiques. Il en résulte des discussions entre les tenants des différentes écoles, les uns poussant à l'application intensive du traitement par les furocoumarines en puvathérapie, les autres la critiquant.
D'autres substances photochimiques interviennent parfois de façon inopinée, telle l'hypericine du Millepertuis, dérivée de dianthrone : lorsque cette plante en fleur est consommée par des moutons aussitôt après la tonte, leur peau nue réagit intensément à la lumière et manifeste des brûlures.

Des préparations bronzantes, on attend plus que de favoriser seulement la mélanisation : il faut aussi protéger des érythèmes causés par les rayons ultraviolets. UV A et UV B sont également en cause, mais ces derniers sont mille fois plus actifs. Il faut donc appliquer sur la peau un écran, un filtre de substances capables, du fait de leur structure chimique propre, d'absorber électivernent dans la zone de 260 à 315 nm.
Les plantes peuvent être ici encore mises à profit grâce à des quinones, des flavonoïdes, des coumarines, des acides phénols. Lawsone et juglone, parmi les naphtoquinones, franguloside de la Bourdaine et aloïne de l'Aloès, parmi les anthraquinones, sont couramment employés. Dans la série des flavonoïdes on retient plusieurs hétérosides d' apigénine présents en particulier dans la Camomille ainsi que la génistine et la génistéine de plusieurs Genêts. Dérivant des flavannes, ce sont encore les tanins des racines de Ratanhia et de Tormentille, des feuilles d'Hamamélis et de Noyer. Les coumarines s'inscrivent avec la banale ombelliférone, largement représentée, même en dehors des Ombellifères. Et l'attention s'est portée depuis plusieurs années sur l'acide cinnamique et ses dérivés. Observées en lumière UV, les coupes de tiges de nombreuses plantes montrent des parois cellulosiques fluorescent en bleu : ce sont leurs constituants glucidiques de structure qui sont
estérifiés par des restes cinnamiques, assurant probablement un rôle protecteur contre une éventuelle brûlure des couches profondes par les UV. De leur côté, les chimistes ont préparé divers esters cinnamiques, maintenant couramment utilisés dans les écrans solaires, à côté de très nombreux autres produits de synthèse.
Les dérivés salicyclés n'absorbent que peu, ce qui obligerait à une concentration gênante, et le camphre a été également mis en œuvre, surtout sous forme de dérivés hémi-synthétiques.
De nouvelles propositions ont été faites pour l'emploi de fruits de Jujubier (Zizypbus vulgaris) contre l'effet phototoxique des UV, pour celui de la résine dammar (Agatbis alba) et du baume du Pérou.
Pour simuler un bronzage naturel, on a également imaginé une imprégnation par des caroténoïdes et certains de leurs dérivés (l3-carotène, canthaxanthine ... ). Pour cela rien ne valait mieux qu'une absorption orale de ces colorants présents dans nombre d'aliments: carotte, tomate, piment, orange. Il s'agit des « pilules bronzantes ». Mais les doses absorbées sont alors beaucoup plus élevées que dans la ration alimentaire quotidienne, ce qui oblige alors à considérer ces facteurs provitaminiques A sous un aspect autre que celui des nutritionnistes et provoque certaines réserves pour leur emploi.



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