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Index des plantes médicinales

Propriétés des plantes médicinales

TONIQUES ASTRINGENTS

 

 

En Cosmétologie, c'est dans le domaine des toniques astringents que les plantes jouent un rôle de premier plan. Peut-être était-ce en préparant le cuir par des extraits tannants qu'on s'est aperçu d'effets analogues sur la peau des mains et des pieds, devenue plus sèche, plus résistante, raffermie. A moins qu'il s'agisse d'un processus inverse. En latin, astringere signifie resserrer.
Les civilisations forestières ont appris à exploiter les ressources des arbres. Le Chêne était désigné jadis par le mot tann, conservé en langue bretonne. Riche en dérivés de l'acide gallique, son écorce fournit un puissant agent tannant qui s'attaque aux protéines pour empêcher leur dégradation, mais aussi contribue à colorer en brun. Il en est dérivé le sens de bruni, halé, basané. D'autres produits végétaux aboutissent à un effet tonifiant de la peau à tel point que s'est peu à peu dégagée la notion
'assez vague de tonique astringent pour définir l'action de « fortifier» ou « réveiller» l'activité des téguments.
Des auteurs recommandent les toniques astringents pour les peaux grasses en réduisant la sécrétion sébacée et tenter d'effacer les rides. On dit surtout que les toniques astringents raffermissent la peau, resserrent les pores, consolident les gerçures, colmatent les petites blessures, tannent légèrement, contractent les petits vaisseaux. En outre certaines préparations sont anti-inflammatoires. Tout cela s'exerce uniquement sur les couches superficielles de la peau.
Peut-être faut-il évoquer encore une action plus profonde de type vitaminique P, s'exerçant sur la paroi des vaisseaux, par association avec des réducteurs physiologiques tels que l'acide ascorbi-
que et le glutathion. Les dérivés flavanniques se combinent-ils aux molécules de collagène et d'élastine ?
Disposé en nappes souples, le collagène constitue un excellent tissu de protection; enroulé en hélices croisées autour des vaisseaux, il leur confère une élasticité adaptée aux variations de débit sanguin. On distingue des fibres à organisation très poussée, évoquant l'état cristallin, et d'autres peu ou non organisées. Le phénomène de tannage pourrait alors conduire à une réorganisation des portions moins régulières de la fibre de collagène en la rendant moins vulnérable aux agressions ultérieures. Une hypothèse voudrait que la première étape de la réaction soit la fixation du tanin sur un site actif du collagène dans une zone apparaissant comme mal organisée, puis qu'une réaction ait lieu en d'autres points jusqu'à ce que l'ensemble de la fibre se trouve ainsi étroitement corseté.
Quant à la « substance fondamentale » , second constituant du tissu conjonctif formé de rnucopolysaccharides, elle réagit intensément pour fixer des oligornères flavaniques, ou pycnogénols, en présence d'acide ascorbique. Mais là encore intervient le processus de la pénétration de ces molécules à travers les strates de la peau.
Le mécanisme de la réaction des tanins avec les protéines à déjà été évoqué. La question qui reste sans réponse précise est de savoir le degré de pénétration des tanins dans la peau: jusqu'à quelle strate peuvent-ils s'avancer? Existe-t-il des différences selon la nature chimique du tanin et selon la taille de la molécule? En tout cas les pores sont resserrés et les excrétions réduites.

Peut-être des acides phénols tels que l'acide chlorogénique, assez fréquents chez les plantes, peuvent-ils jouer aussi un rôle astringent moins intense que celui des tanins de haute masse moléculaire; il s'exercerait de façon plus profonde en raison de la petitesse de la molécule de ces acides. D'autres polyphénols, flavonoïdes, flavannes, anthocyanes exercent peut-être un rôle analogue, se fixant sur les protéines par des liaisons hydrogène.
Quant aux acides organiques libres que l'on trouve en particulier dans la pulpe de nombreux fruits, ils peuvent contribuer à réacidifier l'épiderme de façon modérée; cette action est prolongée par la présence de pectines formant la base d'un onguent naturel.
Définir les mécanismes de l'effet tonifiant est plus délicat. S'il s'agit de cellules mobiles - microphages, macrophages, fibroblastes - il est permis d'évoquer une stimulation de leurs déplacements. Faut-il plus généralement tabler sur l'intensification des métabolismes par des substances spécifiques : hormones, effecteurs enzymatiques, modificateurs de la perméabilité rnernbranaire ? Des substances aussi simples que l'alcool éthylique sont d'un emploi courant dans les lotions « astringentes - tonifiantes ». A un titre de 20° à 40°, l'alcool abaisse la tensio-activité de la peau et augmente l'hurnectation ; en outre il est légèrement astringent. L'effet rafraîchissant est souvent accru par l'addition de menthol ou de camphre qui contribue au parfurnage. Beaucoup de plantes à saponines peuvent jouer dans le même sens que l'alcool par effet sur la tension superficielle.
Si donc l'on voulait se préoccuper de dresser une liste de plantes à effets astringents - tonifiants, on éprouverait un certain embarras : il est facile de proposer des espèces à tanins, d'autres à flavonoïdes, à acides phénols, à acides organiques banaux. Mais quelle assurance pourrait-on donner du pouvoir pénétrant de ces constituants végétaux et de leur efficacité finale? A tout le moins, il est possible de relever de grands groupes de plantes connues et retenues en Cosmétologie.
Un large éventail s'offre à nous. Chez les Rosacées, fréquents sont les tanins galliques et catéchiques. Le groupe des roses est célèbre avec en premier lieu celle de Provins. Les pétales sont
recommandés comme astringent tonique local tandis que le suc est adoucissant et que le rnacérat huileux passe pour diminuer les ridules autour des yeux. L'eau de rose est appréciée surtout pour son huile essentielle.
Le genre Potentille comprend plusieurs espèces dont tous les organes, surtout les racines, som très riches en tanins galliques. On peut en préparer des lotions pour « raffermir le buste », resserrer les pores dilatés, traiter les peaux ridées, diminuer la production des squames en cas de dartres. Une réputation analogue s'attache aux parties aériennes de l'Aigremoine et de la Benoîte. Quant aux fleurs de l'Églantier et à ses pseudo-fruits (cynorrhodon), aux tiges feuillées de la Ronce, on leur connaît également de forts effets astringents faciles à percevoir par la saveur si intense. Un tanin gallique se retrouve encore dans les écorces et les feuilles d'Hamamélis (hamamélitanin). L'eau distillée qu'on en prépare ne contient pas de tanin, mais seulement des produits volatils en faible quantité. De son côté, le thé est riche en de nombreux polyphénols dont des catéchines. Un infusé très concentré peut servir de lotion astringente efficace pour peaux ridées, provoquant en outre un aspect « tanné >?
Sont puissamment astringentes la Bistorte et la Renouée des oiseaux, les écorces de Chêne et de Châtaignier, les feuilles d'Airelle - Myrtille, à un moindre degré celles du Saule. Quant au Noyer, il fournit à la fois les feuilles, le péricarpe du fruit, l'écorce qui contiennent divers polyphénols dom un glucoside de l'hydrojuglone, On retient aussi des parties de plantes riches en flavannes plus ou moins condensés: galbules de Cyprès, sommités fleuries d'Aubépine, thé, racines de Ratanhia. On donne pour astringent le Houblon : riche en flavonoïdes et en terpènes cétoniques spéciaux, il raffermit les peaux fatiguées.
Plusieurs Labiées, Basilic, Prunelle, Marjolaine, Lamier, Lavande, Menthe, Romarin, Thym, toujours riches en flavonoïdes et en acides phénols, en tri terpènes et en huiles essentielles, sont employées, en usage externe, sous forme d'infusés et de digestés huileux.
Vient ensuite le large groupe des fruits charnus riches en acides, dom les acides citrique, malique, et divers acides phénols. Les Rosacées fournissent encore cerise, griotte, prune, abricot, pêche, poire, fraise, framboise. La tomate, le raisin, l'ananas, le citron sont taxés d'adoucissants et astringents selon des mécanismes restant obscurs.
Caractérisée par l'apparition d'un réseau violacé de petits vaisseaux superficiels distendus, la couperose atteint principalement la peau des pommettes et des ailes du nez. C'est une affection qui survient chez des sujets à fragilité et à atonie vasculaires. L'application d'extraits végétaux actifs
sur la tonicité capillaire donne donc des résultats favorables pour faire disparaître cette érythrose faciale. Les plantes concernées contiennent le plus souvent des dérivés polyphénoliques ou des saponosides : le Mélilot (coumarines), la Vigne rouge (anthocyanes), le Lierre (saponosides) ; on préconise aussi des extraits de marron d'Inde riche complexe de tanins, de flavonoïdes et de saponosides -, de Cyprès, de Mauve et de Pensée sauvage.


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